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19/03/2014

l’œil & la plume : the methamorphosis of mr samsa

 

 

18/03/2014

l’œil & la plume : terrain vague

Terrain vague 01.jpg
texte de fanny sheper                                                                                                              collage  jlmi  2014
 

 

Jardin sinistre et filandreux,

On y découvre parfois aux petits matins glauques

Des corps glacés de starlette au rouge à lèvre défait

C’est un lieu ravissant pour les méfaits des grands méchants.

Une nature hostile que la ville a rendue stérile

Une capote entachée prés d’un cœur brisé,

Des herbes revêches et rêches

Qui se cramponnent aux bas filés.

Des bouts de verre, des capsules de bière

Des fleurs saccagées qu’on ne pourra jamais consoler.

C’est un endroit où le rêve ne peut sauver

Un jardin flippant aux grillages éventrés

C’est là que tu vas pour t’éprouver

Pour t’habituer, pour t’assombrir les pieds

Tu t’y couches la nuit pour mieux supporter les méfaits du jour

Tu  y creuses tes larmes pour avoir moins mal

Lorsque dans les rues  sales du matin  

Tu entends les hurlements des innocents traqués.

 

15/03/2014

l'oeil & la plume : liberté de parole

liberté2.jpg
texte de hédi bouraoui                                                                                                            collage  jlmi  2014   

 

À Tahar Djaout, Youssef Sebti, Abdelkader Alloula in memoriam

 

 

Je vous écris d’un pays lointain…

        de neige et de verglas…

Pour rappeler au monde le sacrifice de votre vie

Vous lâchement assassinés

        tombés sous de traîtres balles

Abattus hommes et femmes de lettres

Vos assassins n’auront  jamais le dernier mot

 

Saccagée la bibliothèque de vos mémoires

Ensanglantés vos livres… maudites vos créations

Vous n’avez été que les passeurs de vive tolérance

Les revendicateurs d’une liberté royale d’informer

Dévoiler la vérité douce-amère là où elle se loge

Dans le scarabée ou les empreintes des loches

N’étiez-vous pas la voix de l’Islam qui dit ?

Lis au Nom de ton Seigneur qui a enseigné

A la personne tout ce que personne ne savait

Vous les créateurs d’un monde de paix  Vos écrits

Seuls auront le dernier mot

Comme vous avez eu le premier

 

J’invoque l’esprit et la lettre de vos cris du cœur

Pour arrêter le carnage des Fous de Dieu bornés

qui tuent leurs frères

En religion comme des bourdons de la foi

Qui va tourner la page

de cette absurdité meurtrière ?

Faire sauter les chaînes débiles

des endoctrinés de la haine ?

L’Islam est paix pour les Musulmans…

Juifs et Chrétiens

Tous les êtres du Livre qui prêchent la  fraternité

 

Mais aujourd’hui les frères égorgent leurs frères

Quand s’arrêtera la barbarie ? S’éteindra la folie ?

Ces boucheries dépassent

Toutes les limites du tolérable

Raison de plus de torpiller…

Les fanatiques toutes couleurs

Arrêter le sang versé dans la blancheur de l’aube

Que suis-je en train de dire  moi l’apolitique

Qui n’a jamais adhéré à un parti

de gauche ou de droite ?

Je vomis ma colère pour sortir de l’enfer où l’on m’a

Installé pour l’amour d’un pouvoir de guenille

Ne valant pas une seule goutte de rosée !

 

Je vous écris d’un pays de grisaille et de brunante

Où nos querelles intestines sont pacotilles face à

L’insupportable sauvagerie d’une Algérie malade

Le soleil et la mer aveuglent

ces Intégristes de malheurs

Qui renient mémoire et avenir…

dans un présent détraqué

En deçà  de la vie  par delà la mort

Fantômes hantez-les !

Soufflez Furies dans ces têtes citrouilles

Rien ne les arrête !

Que leur barbe-mascarade

ne puisse plus faire fleurir !

Un poil de violence sur leur gueule infestée

 

Invoquons résistance révolte et calame de maux

Car nous sommes au bout du rouleau des sacrifices

Luttons contre tous les fanatiques de mauvaise foi

Ils ne reconnaissent ni loi ni amour de soi

Refusons d’être les martyrs de la foi

qui n’a pas de foi

 

Debout levez vos drapeaux de paix…

        de justice debout !

Je suis avec vous debout munis

        de mes mots oliviers

Qui tentent de raviver la flamme

        du bonheur à cœur ouvert

Quand la racine pourrie paradant droiture

        Telle ordure primaire

Sera arrachée de nos terres arables…

        De notre ciel courroucé ?

Rien ne semble arrêter ces conquérants

        d’un pouvoir fantoche !

Leur fiel amer à gouverner

        dans la pitance de tous les délits

Levez-vous Majorité silencieuse…

        Dites Non aux Castrateurs

Du verbe qui fait mouche

        dans leurs cœurs-potirons

La paix triomphera un jour…

        En dépit de tous les abus

 

 in Livr'Errance  Ed. D'Ici et d'Ailleurs  2005