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26/01/2017

l'oeil & la plume... poème d’amour, mon cul !

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texte de cathy garcia                                                                                                                       ill. jlmi 2017

 

 

Comme des gifles au cœur

Des portes qui claquent

Des rongeurs qui rongent

Des vitres qui éclatent

Comme des marteaux

Des scies, des tourneviscères

Comme un grand cube de béton

Logé dans le plexus

Comme une pièce de boulevard raté

Un dialogue de dingues sans folie

Une horloge montée à l’envers

Qui vomit ses aiguilles

Une crotte sur un camembert

Une polka de culbutos sans musique

Une tristesse à crépir le ciel

Un vide, un bide

Une placo-comédie

Un kleenex plein de morve

Un poème d’amour, mon cul !

 

extrait de Le baume et le pire (inédit)

 

20/01/2017

l'oeil & la plume : l'impossible séjour

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texte de lionel mazari                                                                                                          encres de jlmi  2005

 

 

L'aube aussi pâle que la mort,
que cette mort qu'on assassine,
que nous vaut de sonner matines,
le tambour sourd du pas qui sort,

du pas qui sort de cette mort,
de cette mort qu'on assassine,
quand les matons sonnant matines
tambourinent un triste sort.

Au bout du conte indéchiffrable,
de ma vie à rebours d'année,
se dresse la liste à la table
des matières à mort condamnées ;

j'y donne la main au squelette
de ces amis d'un autre livre,
où le bourreau fait de leurs têtes
les pieux portraits qu'il me délivre.

 

 

un grand merci à cg qui a "induit" cette reprise

 

30/06/2014

l'oeil & la plume : l'Île

île réunion.jpg
texte de murièle modély                                                                                                              collage  jlmi  2014
 

 

 

Tu as beau peindre ta bouche, tes yeux, tes lèvres
un jour, ça ne tient plus

sous les piétinements, le vacarme dans la rue
tu entends

le mouvement des plaques et les fissures
les raz-de-marée, les déchirures

dans le miroir de poche que tu sors de ton sac
tu vois sous ton cou brun

la terre gronder, la peau se fendre
le bourrelet de chair poindre entre tes deux seins

cela fait des années que tu retiens au fond
les morts, les vivants


Et là          
au milieu de la rue
fardée et maquillée
petite outre trop pleine
tu regardes

dans l’éclatement du derme
l’île


/


Tu as
quarante ans
un mari
deux enfants

une gentille famille
sur la ride profonde
qui enfonce sa fourche
dans ta poitrine nue

celle de ta mère
celle de ta grand-mère
penchées sur ton épaule
tu ne sais pas pourquoi
tu remplis leur assiette de riz
ton mari, tes enfants
baignent dans l’odeur d’ail

ils débordent ta peau
tu ne sais pas pourquoi
tu dessines des îles
du doigt
dans un verre d’eau

 ta mère, ta grand-mère
sur la pointe des flots


/


Dans le reflet
les auréoles
les ridules
les fentes
transpercent
te percent
à jour
à vif
à temps

tu te grattes jusqu’au sang
l’océan te démange
ta peau est un volcan
tu crépites, vomis
tes morts, tes vivants


/


A l’horizon
les enfants flottent
leur ballet de méduses
leurs cheveux emmêlés
sur l’os de l’asphalte

Dans le miroir le cœur
les premières secousses
ton enfance qui meurt
sur le dos de ta main

Sur ta peau
hier
demain
presque rien


(2012)