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28/02/2014

l'oeil & la plume : funérarium

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texte de bruno toméra                                                                                                                photo jlmi  2007
 

La veuve me dit

- O mon pauvre Bruno, on est bien peu de chose.

- A qui le dites vous, lui dis je, en regardant le macchabée

gelé, allongé blanchâtre dans l'éternité.

Faut bien exorciser les départs, inciser le bubon, agiter les mouchoirs

avant de visser le couvercle et pousser le tout dans un coin de la mémoire

édulcorée.

Bon dieu, ceux qui nous précèdent ne sont que des empafés à nous rappeler

que la fusée pour le néant est parée pour nos zigues mais il est toujours plus

facile de pleurer sur la fatale inertie des autres parce que ça veut dire que l'on

est toujours debout à admirer la ligne d'horizon sur cette planète gracieuse et

qu'avec de la bouffe, un lit moelleux et les rondeurs d'une fille dedans, on

voudrait y squatter perpétuellement sans trop se poser de questions sur la

finalité du bouillon de culture. Et puis l'âme... Ce passe partout accommodant,

est elle convaincue de cette balade inédite dans le rien ? Posséder la

conscience de soi n'est pas assez, cette trouillarde conscience en veut des

frissons, alors l'âme c'est la suprême surprise, cerise sur le gâteau rance.

Et peut être que l'âme de mes chats écrasés m'attendent et puis l'âme de

cette cinglée de sardine suicidaire tenace à s'échouer sur cette plage de

matin du monde, trois fois je l'ai remise dans le sens du large et ces boucs

émissaires de taureaux qui canalisent toute la féroce inexistence de ces

bouchers en collant moule burnes scintillant et des traumatisés sexuels

jouissant de la souffrance avec leur pétoire lustrée à deux coups. Tous mes

animaux savent à quoi s'en tenir et n'en demande pas tant, de l'âme et du saint Frusquin.

Et puis l'âme des vieux journaux et leurs dépêches sanguinolentes et leurs

hommages niais immérités. Et l'âme de l'enfance innocente qui n'est qu'un

conte pour flatter le sentiment de survivance des parents devant ce parterre

de mioches, futurs connards aussi sûr que le sont leurs géniteurs. On

s'extasie bien sur n'importe quoi. Que l'on foute tout ça dans un colissimo,

direction les tréfonds de la galaxie la plus lointaine.

Côtoyer un ramassis de crétins vivants est déjà une épreuve, alors imaginer

se les taper dans l'au-delà, cela tenait de la philosophie tordue.

Une goutte fraîche d'eau bénite me sortit de ma torpeur méditative, la salle

de l'ultime repos était comble de spectateurs alléchés attendant contrits de

jouer le premier rôle, le goupillon ne chômait pas à balancer la sainte flotte,

un sérieux essorage s'imposerait bientôt pour le gisant impassible sous cette

giboulée sacrée.

Une abeille dans mon cerveau s'amusait d'un virtuose vol acrobatique. Etourdi,

je me dirigeais vers la flémarde lueur de la sortie d'un pas pressé. Pressé...

je me demande bien pourquoi ?...  

 

27/02/2014

l'oeil & la plume : poème d'amour, mon cul !

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texte de cathy garcia                                                                                                                   collage  jlmi  2014

 

 

Comme des gifles au cœur

Des portes qui claquent

Des rongeurs qui rongent

Des vitres qui éclatent

Comme des marteaux

Des scies, des tourneviscères

Comme un grand cube de béton

Logé dans le plexus

Comme une pièce de boulevard raté

Un dialogue de dingues sans folie

Une horloge montée à l’envers

Qui vomit ses aiguilles

Une crotte sur un camembert

Une polka de culbutos sans musique

Une tristesse à crépir le ciel

Un vide, un bide

Une placo-comédie

Un kleenex plein de morve

Un poème d’amour, mon cul !

 

extrait de Le baume et le pire (inédit)     

 

25/02/2014

l'oeil & la plume : déjà en 1991… puis en 2003

 

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texte de hédi bouraoui  2005                                                                                                       collage  jlmi  2014

 

 

À El’Mehdi Chaïbeddera                 

 

Malheureux qui comme Toi l’Algérien

a fait un beau voyage

        Bagdad au bunker de [ton] cœur

Déjà tes mots explosaient bombes

        qui déBushèrent le père

D’un Occident en mal de droit et de logique de guerre

Ce dinosaure post-atomique assoiffé d’un clair de lune

Cosmique que le fils reprendra bankerisé…

Par l’axe maléfique

Ce Policier mondial carbonise un peuple innocent

Tout en clamant qu’il orbite

        Un Nouvel Ordre étincelant

Sur le déclin qui napalise d’infamies les tribus d’Arabie

 

Déjà  ton Verbe embushait la trompette de l’abjuration

Pour dénoncer toute coalition  qui cancérise

Les gènes originaires de ta fierté désuète

 

Qu’ai-je à l’amplifier quand mon corps défendant

Hausse le drapeau de ta virulence contre tout crime

Tout mensonge  tout carpet bombing  toute campagne

De désinformation  tout laser efficacité meurtrière

Toute chienlit inhumaine…

Du Père comme du Fils ou du Saint-Esprit

 

Déjà mon frère tu oubliais dans ta harangue

Le Maître des impostures   le despote tombé

Dans le piège machiavélique de l’Amérique maladive

Le sacrificateur d’un peuple soumis…

Par la peur et la terreur

Pour une bouchée de pouvoir lunatique qui en dit long

Sur ce raté de l’histoire  de toutes les occasions…

Le Père de la merde de toutes les batailles

        qui ne récolta

Que l’amère ingratitude de toutes les défaites

 

Sa Garde présidentielle abandonna chars et canons

Ne trouvant sa raison d’être que pour massacrer

Les Kurdes  les Chiites  et autres Opposants

 

Le temps des boucs-émissaires étrangers est révolu

 

Le Maître de Bagdad a vilipendé

        Trésors et Mémoire

Qui auraient pu être…

 La substantifique moëlle d’un Continent

Notre Afrique en mal de subsistance et de gouvernance

 

Dans la dernière guerre encore une fois perdue d’avance

Ce traître a semé une débandade

        qui fait honte aux poux

Tombée grotesque des statues d’une ville meurtrie

Capturé le Rat dans son trou infecte hirsute flashé sur

Les écrans du monde ébahi de le voir ausculté…

Tel un animal

Personne n’a pitié de ce pestiféré vilipendant le défi de tes maux

 

Par-delà les mirages et les illusions…

Toute obsession est à culbuter

Pour couper court à l’apocalypse d’où qu’elle vienne

Voir clair dans l’enfer qui s’empare des vivants

De tous les côtés des frontières

La paix n’est point pour demain

 

Il faudra accorder le souffle…

Des mains propres à feuilleter

L’espoir d’une justice rayonnante…

        pour les riches pour les pauvres

Maîtriser l’illogique du monde

         qui cravate de sa postmodernité !

 

in Livr'Errance  Ed. D'Ici et d'Ailleurs  2005