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22/09/2017

l'oeil & la plume... psychorama holographique III

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texte & photocollage  jean-louis millet
 
 

L’homme plus sérieux qu’un cancer dans le ventre du monde triste et beau

Les racines de nos vies molles plongées dans le sang des peuples piétinés

Les peuples singuliers frappés d’interdit

L’incompréhensible terreur semée au nom d’un dieu du livre

Les paroles de sable et d’eau de la propaganda bernaysienne

Les scènes obscènes de l’arène des murènes politiques

L’amphigouri syncréto-mimétique du discours politique asthénique mondialisé

L’info du jour : Christophe Colomb serait mort dans un bordel levatin de Carthagène en mars 1491. Alors, qui a débarqué sur Guanahani en octobre 1492 ?

Le concours d’abjections bancaires ouvert comme toujours 24/24, 7/7

La simiesque insolence des tout frais enrichis en quatre roues motrices de ville

Le voyageur immobile – costumo-cravaté - au volant de son résidu rouillé de Land Rover modèle Daktari dans les rues de Paris

La grande tristesse des solitaires de la nuit, peuple des boîtes à gueule de fêtes des petits matins

Le mensonge implicite des silences explicites

Les ricochets de l’espoir à la surface des choses

Réponse : Partout et nulle part !

Question : Où se trouve le bonheur ?

La face cachée du paramètre de solubilité δ d’Hildebrand

L’envie de vide face à une bouteille pleine

Les géants aux ailes rompues traînant leurs polynévrites dès huit heures du matin, de supérette en supérette, cans de ‘’8.6’’  bien en pogne

Le temps passé – perdu ? -  à fixer les présents à l’ombre des futurs

Les visions des premiers matins du monde

La vision de près disponible avant dix neuf heures

Les grappes grises et mauves de la glycine au dessus de la porte de pierre

Le vertige des grands silences

La lumière bleue des éclairs d’un orage sec sur fond de nuit marine

L’orage enragé acharné sur une terre brûlée

Le vent, la pluie, la vie toujours à l’esprit

Réponse : La sensation de vivre

Question : le sens de la vie ?

L’allumeur de soleil au milieu de la rue Sans Lune

Le voyage en patinette rouge jusqu’au trottoir d’en face

La flèche jaune d’une perruche poursuivie par un étourneau

Réponse : l’écorché d’un bœuf au mur carrelé de blanc d’une boucherie

Question : la carte du tendre ?

L’odeur d’une peau portée par un désir naissant

La tête toujours pleine de doutes mais la Voie toujours riches de promesses

Question : quel est le temps le plus long, celui d’avant notre naissance ou celui d’après notre mort ?

Réponse :  Â, sô desu ka Takahisa Zeze San !     Oui, merci d’avoir posé la seule vraie question !  pour la réponse on repassera…

 

L’au-delà du lointain le plus lointain, comme un aveugle

La vision des choses avec les yeux de la pluie

La poussière de ton corps tremblant dans la lumière

L’incandescence avant l’effondrement en cendres

 

21/09/2017

l'oeil & la plume... la théorie de l'amour.....

la théorie de l amour les idoles 03.jpg
texte de vincent                                                                                                                  photocollage  jlmi  2013
 

La théorie de l’amour du lever du soleil après que l’intervention chirurgicale se soit déroulée comme un plan sans accroc

 

les Divinités décident-elles à pile ou face ou arrive-t-il que nous ayons

        droit à un traitement de faveur ?

j’ai toujours aimé les levers de soleil et vendredi,

la doctoresse me confie qu’elle se préparait

        à remplir un dossier de prise

en charge à 100%

comme pour tout bon cancer, la pneumologue aussi

        pensait que j’étais piqué au poumon, mais

j’ai de la chance dans mon malheur, à l’arrivée

                tout est bénin à

                        100%, (cela arrive parfois pour les plus heureux)

        n’empêche que je trouve les médecins

                spécialistes et généralistes

                bien effrayant tout d’un coup

et ce soir la fille que j’aurai pu tant aimer

        avait les cheveux rouges mais ce n’était

pas pour moi et ce qui reste du monde est dans un

        sale état, le sang… entre les feux,

le sang coule carmin et

 

ici, sous le soleil et l’eau, il s’agit de sa

                                        décision,

celle qui me surnomme génie pervers

        ne viendra pas suffisamment

près, alors je cesse d’attendre quelque chose

        je connais la chanson sur le bout des lèvres

        Je mords tel un loup affamé

mais mes mâchoires claquent dans le vide, inutile de

courir

                je m’essouffle trop vite, ils ont

percé mon poumon, elles m’ont déchiré jusqu’à

l’âme,

pourtant

derrière je sens la rage et le désir, ce cœur veut

battre jusqu’à emballer la mesure, je n’ai jamais

        laissé ma part aux chiens

       

prends ton temps me dit l’ange sur mon épaule

        t’inquiète pas m’assure la folie

à chaque coup

        dur, tu t’es relevé, un peu plus fort

                un peu plus fou,

tu as toujours fait comme ça

 

        il y a eu une fois, tout l’amour

du monde s’était enfui loin de moi et je voulais

croire que celui qui a tout perdu a tout à gagner,

        mais moi (laissons l’honnêteté envahir

ce poème le temps

d’un court instant)

je me contente de tout perdre, ma stupide habitude

de tout faire à moitié,

        je devrais haïr mon amour d’avoir

laisser vaincre ses ombres, mais la vérité

c’est que j’ai du corrompre

mon âme pour l’oublier et de toute ma folie, je

n’arrive pas à me salir assez pour me punir,

en Mars, ma sœur de coeur

        m’a dit, je ne peux pas te voir ce soir,

je suis fatiguée,  j’ai adoré ton livre et je t’appelle

dans deux mois quand je reviens

         et nous sommes en Juillet et mon téléphone

est muet

la vie a eu le temps de découvrir et m’ôter une tumeur

        mais si je laisse mon obscurité voiler mon regard

comment oser demander à celle qui croyait à ma lumière

                de voir clair dans mon jeu ?

 

        Juste avant d’entrer à l’hôpital j’ai travaillé soul

        habillé en infirmière, c’était mon idée,

il faut accepter de ressembler

        à son personnage

il y a des jours où je me demande comment je fais

pour vouloir, encore, toujours, autant

                                        vivre,

et d’autres

        où cela semble aller de soi

 

        lundi dernier je suis allé boire un verre

        dans un bar aux lumières colorées

et par défi, une jolie fille brûlante comme la fièvre

a ôté son haut blanc et son soutien gorge

avant de cacher ses seins avec ses mains et j’ai

pensé que c’était comme gagner la course

et se voir refuser de monter sur le podium,

mais mon sourire était éclatant, rien ne pouvait

gâcher mon sourire, il y avait là

comme une évidence,

                la vie et moi, on était encore en affaires

 

20/09/2017

l'oeil & la plume... j'oublie de la regarder

la regarder.jpg
texte de gabeba baderoon courtesy biennale internationale des poètes du val-de-marne           photocollage jlmi 2013
 

La photo de ma mère à son bureau des années 50

est dans ma bourse depuis vingt ans,

le papier brunâtre se décolore,

le bord festonné s’est recourbé puis redressé.

 

Le col de sa robe est discrètement croisé.

On pourrait croire qu’on l’appelle au loin,

par l’angle que fait son cou.

 

Elle était la première de la famille à prendre

le bus de Claremont

qui monte la colline pour se rendre à l’université.

 

A un moment pendant les cours à l’école de médecine,

les étudiants noirs devaient ranger leurs affaires, se lever 

et quitter l’amphithéâtre en longeant les rangées de pupitres.

 

Derrière la porte close, lors d’une autopsie,

les étudiants noirs n’étaient pas censés voir

la peau blanche mise à nue et découpée.

 

Sous le couteau, sous la peau,

mystère de la ressemblance

 

dans un monde qui définissait comment noir et blanc

pouvaient se regarder l’un l’autre, se toucher,

ma mère regarde en arrière avec un aplomb intact.

 

Chaque fois que j’ouvre ma bourse,

elle est là, si familière que j’en oublie

de la regarder.