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21/01/2018

l'oeil & la plume... Psychorama holographique IV

les idoles 01.jpg

texte & photocollage de jlmi

 

 

i.m.  PG                

 

L’univers, jamais terminé jamais commencé

Réponse : au commencement il n’y avait pas de temps !

Question : au commencement le temps était déjà là ?

Le rêve lucide d’une dissolution poudreuse dans l’atmosphère

Réponse : disposer de soi

Question : le privilège de l’homme ?

La peur de perdre la main face à la mort

L’absence à soi-même ; comment donner un sens à cette inévitable issue ?

Les états latents d’un espoir inespéré

Le lent effondrement du désir de la lutte dans le vieillissement du corps

L’acceptation de la vieillesse naissante dans l’attente de l’incontournable labyrinthe de la déchéance physique

Le long sillage des débris de la vie

Le vieillard en costume de cotonnade noir au pied du lit-cauchemar

Le cri coincé à l’intérieur du corps

Le peu de vie encore égarée là tout au creux à vider au plus vite, pour que tout ça finisse

L’assombrissement de la lumière

Le temps suspendu juste, tout juste avant l’incontournable

Le moment précis de la surprise du bout de la course

Le dernier saut dans l’éboulis avant la défaite et l’oubli

Réponse : la mort

Question : seule à la portée de tous ?

L’immense procession des passés par la vie sous les lampadaires à luminescence de la rue Aux-Yeux-Morts

Le grand camp des allongés et son jardin de stèles et de croix

La situation universelle de nos chers disparus

La tristesse sanglotée dans la boule d’un mouchoir

La floculation des molécules-soupirs

Les sables du passé sur le seuil du deuil

Réponse : l’inexorable !

Question : l’absence, quelle signification ?

L’enclos des murmures de la mémoire du futur

Le manteau de plumes et de plomb de la nostalgie

L’érosion inéluctable de tout sentiment, de tout désir

La faveur tremblotante des mirages

Les océans seuls…, par hasard dans l’éclatement

L’algorithme souple du balancement des algues au rythme lent des vagues

Les coulées lunaires de lumière fade

Le mouvement des ombres définitives

La fornication des mousses et des lichens aux écorces moisies

Le bain de minuit du soleil noir et d’une nuit blanche

L’être lecteur de l’illisible dans les plis de la lune en reflets d’océan

La liturgie léthargique des masques blancs poudrés du nô

 

La face cachée de l’ombre du chant de l’Univers

 

 

Les psychoramas holographiques I à VI

sont publiés ce mois-ci dans la revue

Nouveaux Délits n°59

 

20/01/2018

l’œil & la plume... nous regardons...

nous sommes inexcusables.jpg
texte de bruno toméra  2005                                                                                                           toile jlmi  2004
 

 

Nous regardons les corps déchiquetés et sanguinolents
Nous regardons la souffrance comme une part de la nécessité
Nous regardons les portes grinçantes des gagne-pains se fermer
Nous regardons le nombre anonyme de virés
Nous regardons les faits mais pas les causes...
Nous regardons l'information fragmentée et sponsorisée
Nous regardons les scénarios d'espoir moqués
Nous regardons avec fierté le design des bombes high tech
Nous regardons la programmation de l'anéantissement de nos rêves
Nous regardons l'individu sacralisé sans les autres
Nous regardons les beaux parleurs remuer les lèvres
Nous regardons la vacuité se proclamer " star " etc etc...
Nous regardons le religieux re-saler la soupe de l'ignorance
Nous regardons les trophées de la torture des animaux
Nous regardons les sourires mielleux des annonceurs de misères
Nous regardons les journalistes en costume de Monsieur Loyal
Nous regardons l'air étouffer et l'eau pleurer nos déchets
Nous regardons les écrans imbéciles se trémousser
Nous regardons le narquois contentement du mensonge
Nous regardons les droits de l'homme conspués
Nous regardons la morale méprisante des intellectuels médiatiques
Nous regardons les êtres vivants déniés
Nous regardons le vivant comme si nous étions hors de lui


Nous regardons mais nous ne voyons rien


Nous sommes inexcusables.

 

19/01/2018

l’œil & la plume... aujourd’hui c’est dimanche chant 3

130915 aujourd hui c est dimanche03bis3bis.jpg
texte de isabelle le gouic                                                                                                        photocollage  jlmi  2013
 

Alors, pour la bonne cause,

je cause, je cause.

Why not ? Because,

to be or not to cause.

I have seen too much of my spleen.

I have been pas tout rose.

Alors, quand I feel pas très well,

quand mes cellules explosent,

je me défile à l’anglaise,

sur mon papelard de cellulose.

 

Mon papier est water plouf,

mon Waterman y jette l’encre.

Quand je suis down, quand j’ai pas pied,

quand je déchante,

my words are singing in the brain,

my brain is swimming dans mes veines.

Je suis championne of the world

de narration synchronisée.

 

Quand I feel pas très well,

quand je n’ai plus de hauts, quand je n’ai que des bas,

des bas qui filent, qui défilent,

je me défile always.

I do profile bas in my prose,

quand mes cellules osent faire les malignes.

 

Mes cellules qui explosent me collent à la peau,

pas celles qui sont grises in my brain,

mais celles qui se grisent au plaisir de se grimer :

What a sad game !

My skin se raconte dans mes carnets de Moleskine,

sur mon papelard de cellulose.

 

Mes cellules me collent à la peau,

comme des collants Well, quand I feel pas très well.

Mais aujourd’hui, j’ai des collants Dim (Pam Pam pam pam   pam pam…)

Aujourd’hui, c’est Dim Dim Dim Dim dimanche,

alors, je divague sur des vagues de rimes.

J’ai traversé la Manche, ma manche retroussée

jusqu’aux bras de Morphée qui me donne la dose,

j’ai filé à l’anglaise,

mais là, j’ai dimanche à traverser.

 

fin