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15/04/2018

l'oeil & la plume... dans l'espoir de l'image...

 
Dans l espoir de l'image grues cendrées japon 02.jpg
texte & illustration   jlmi  2014

 

 

… dans les transparences lumineuses d’un début de flaque,

elles étaient là,

dressées,

inaccessibles,

tel le silencieux vacarme d’une averse lente,

engourdies dans l’interminable des mots.

 

Elles étaient là,

calligraphiées par les gouttes de pluie

à la surface de ces multitudes illusoires,

décalages transparents de lointains crépusculaires,

méditations fragmentaires des écroulements onctueux d’après l’avenir. Puis…

 

Luxuriance pitoyable et soigneuse de la monotonie,

froide compassion aux coins d’ombre matelassés.

Un plein sac de silence à prise rapide

répandu sur des morceaux de paroles et de rêves

gorgés de ténèbres depuis presque toujours. Puis…

 

Dans l’épaisseur du moment

passer par l’entaille de la lenteur

entrer dans l’espace noir

vaguer de songes de sel en vertiges quantiques

chaleur de pierre aux creux des mains

traverser l’instant de nulle part,

par toutes les horloges parcellaires de nos temps incertains,

s’insecter au gluant de l’écran géant de la vie

corps rongé à l’acide des jours,

dire ces mots qui restent dans la bouche

en un cri écroui comme clou tordu . Puis…

 

Se laver les mains dans un nuage

pendu à la peau sale du ciel

 

dans l’espoir de l’image…  

      

 version texte 2014

 

14/04/2018

l'oeil & la plume... étrange cimetière à Jamaïca ( fragment )

cimetière jamaica kerouac 4Brec.jpg
texte de jack kerouac                                                                                                                collage   jlmi  2014

 

 

 

La nuit commence à tomber

Je ne suis pas inquiet

La pluie approche

Plus près

--- Des trous partout ---

Une vielle tombe mystérieuse

retournée par des voleurs peut-être, pour

prendre à Madame O’Merde le coûteux

Clip en Porcelaine de cravate en dentelle

sous sa verte moue de dédain --- ou pour

des pièces d’or, comme des Pirates,

ils ont agité des lanternes & tué des 

Indiens & se sont soûlés dans de vieux

Corbillards  roues fines Agence des

Chemins de Fer Express & vides à

l’intérieur ---

Oh bon, je ne sais pas de quoi

je parle parce qu’il n’y a

rien à dire à propos du Néant

--- C’est pourquoi je suis assis

dans un cimetière et joute avec

les gens sous terre pour voir

qui peut être le plus tranquille

& détaché & équanime,

voilà pourquoi --- Alors soiffards, &

buveurs de bière du samedi après-midi,

vous pouvez crever près du vieux crachoir

--- Quand ce réservoir explosera dans

l’Apocalypse des démolisseurs de Monde

appointés Oppenheimer, vous n’aurez plus

besoin de cimetière

---    & peut-être que tout simplement

je crois à la mort

& m’en tiens à Whitman

le vieil Amoureux à Barbe Blanche

de Long Island

mais je ne vise pas à faire        

ses vœux passionnés & ses excentricités gauloises ---

J’ai ma propre

Castration

A désavouer 

et la sienne à  Vouer ---

Ou quelque chose comme ça,

Je m’en fiche complètement

 

Plus de poèmes du pauvre Jack

Qui a disparu juste à temps

Avant que la forme ne puisse le réclamer

Et transformer son essence en désastre

 

L’Essence produira

  Sa tranquillité

Les morts sont tout aussi contents

  Que moi

C’est mon Samadhi du Cimetière

Septembre Cinquante Qatre

Ordre du Monde pfft

Fini ---

 

        Il n’y a rien que je veuille

        Si ce n’est rien

 

 

in            Dharma       Livre III

 

12/04/2018

l'oeil & la plume... beau garçon

pasolinibg02negcontrast.jpg
texte de pier paolo pasolini                                                                                                        collage  jlmi  2014
 

 

Beau garçon était sur les berges du Tagliamento

et, content lui aussi,     son petit chien aboyait.

Le maître passe par là :        « Holà beau garçon,

je te donne cent francs        pour ton petit cœur joyeux. »

« Oui, maître, oui,          pour cent francs je te le donne,

je serai gai,         même si je ne ris pas. »

Sept mois ont passé,         le beau garçon

est sur les berges du Tagliamento, et son petit chien est couché.

Une dame passe par là,      elle aperçoit ses belles frisettes

qui brillent au soleil     telle la fleur du narcisse.

« Beau garçon, si tu     me donnes ces

boucles d’or, je te  trouveraiune place. »

« Prenez-les, madame,        c’est que nous sommes pauvres,

et même sans ces bouclettes  nous serons heureux. »

Et, tout content, il va     sur le pont du Tagliamento

porter sur son dos        ces grands blocs de ciment.

Sept mois ont passé,         le pont est achevé

mais le cœur du garçon        saigne toujours davantage.

« Que fais-tu ici à Trieste,         beau garçon intimidé ? »

« Je suis chômeur,         et je porte ma croix. »

« Donne moi ta santé,       et je te donnerai du travail. »

« Prends ma santé,        je dois après tout bien manger. »

Sonnez, pauvres cloches,        sonnez l’Ave Maria,

car le garçon s’en vient        plein de mélancolie.

Sonnez, pauvres cloches,        sonnez les Matines,

car il est désormais vieux,         le beau garçon.

 

in le testamen Coràn (1947-1952)