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21/02/2019

l'oeil & la plume... sommet d'où jeter son pinceau ( fragment )

moine tao recad.jpg
texte de werner lambersy                                                                                      collage  jlmi  2014

 

 

Ne pas perdre

Un instant du moindre

Instant

 

Sinon l’éternité

Ne serait pas complète

 

Et que serait l’Eternité

Distraitement

Perdue

 

Au coin d’une minute

 

Ne pas égarer

Une seule seconde car

 

La mort

Qui tient ses comptes

Dirait

 

C’est une avance

Une dot pour l’au-delà

 

Et la méchanceté

Que ne connaissent pas

Les choses

 

Les hommes

Devraient en recracher

L’obole

 

20/02/2019

l'oeil & la plume... faites terre

Philippe Jacquot - Tutt'Art@ (25).jpg
texte de cathy garcia                                                                                                  toile © philippe jacquot

 

 

Faites taire le silence

Le vacarme de non-dits

Ces assourdissants sous-entendus

Les « faisons comme si

N’en parlons plus »…

 

Faites taire les hurlements alibis

La cacophonique hypocrisie 

 

Faites cesser

Le tapage au grand jour 

Mensongeries par omissions

Compromissions polyphoniques

 

Qu’on entende enfin parler les hommes

Les vrais hommes de parole

Qu’on écoute enfin la voix du respect

 

Faites place

Faites terre

 

And walk you talk

 

 

 in Pandemonium II  inédit

 

 

18/02/2019

l'oeil & la plume... dans les relents de la cantine

la serveuse.jpg
texte de pierre seghers                                                                                                                        ill. anonyme*
 
 

 Dans les relents d’une cantine, dans la sciure et le vin rouge

la serveuse regarde parfois d’étranges figures qui bougent

 

Elle voit à même le sol des drapeaux de toutes les couleurs

mêlés et déchirés, les soldats n’y reconnaissent plus les leurs

 

Elle efface à coup de wassingue tout ce qui reste des armées

pour que le carrelage brille, puis elle s’en va, désarmée

 

dans la cuisine, astiquer le percolateur. Elle s’y voit

laide, avec de longues dents et de gros doigts.

 

Un jour, un garçon qui peignait de grande fresque dans la salle 

-- un artiste-peintre, au régiment, ça barbouille, là où on l’installe

 

lui a dit : «  Tu n’as pas changé. La même depuis 48, sur les

barricades, tu t’en souviens ? ». Il s’est mis à peindre plus vite,

 

une femme qui brandissait un drapeau et chantait. C’était drôle

ce bras tendu, ce curieux bonnet, ces épaules

 

où elle se retrouvait jadis, rien qu’un instant, rien qu’un instant

dans les relents de la cantine, près du soldat lui souriant…

 

* si vous connaissez l'auteur de l'illustration, merci de me le faire savoir par les commentaires, d'avance, merci