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07/04/2014

l'oeil & la plume : corrida

André Laude 04sm.jpg

manuscrit de andré laude

 

 

J’adhère à ma mort comme l’astre au ciel.

La vie cruelle

a tué en moi beaucoup d’or

et d’enfants qui ont pleuré au bord des lèvres.

Le temps est venu

de remettre les pendules à l’heure.

Adieu heure d’été, Adieu heure d’hiver

c’est maintenant l’heure de l’exil blanc et des remords.

Déjà je m’enfonce en terre

chandelle éteinte.

En bon et fougueux matador

j’esquisse une feinte.

A quoi sert de défier cape rouge et cape noire.

La poésie est simple comme bonsoir

au milieu d’une arène de sable et de sang. Décapité.

 

 Source  http://www.larevuedesressources.org/des-poemes-d-andre-laude,062.html

 

 

06/04/2014

l'oeil & la plume : complainte des mendiants de la Casbah & de la petite Yasmina tuée par son père ( fragment III )

casbah IIIsépia.jpg
texte de ismaël ait djafer  1951                                                             collage jlmi  2014
 
 

Mais ils l'ont dit

Il faut des hommes forts pour une nation forte...

Il ne faut pas courir après deux souris blanches...

Il faut être un roseau pensant...

Essuyez vos pieds avant d'entrer...

La chose est au fond du couloir

A moi comte, de deux mots il faut choisir le moindre

La naissance précède l'existence.

 

Ave Maria... morituri te salutant...

Vogue la galère

 

Evidemment... Evidemment.

 

EVIDEMMENT....

 

En 1944

Charlemagne,

Mes vers embouchaient des trompettes victoriennes.

Quand vous verrez un pauvre, affalé comme un mort,

A la pitié du nombre, en vain montrer sa face

Oh... Songez un instant à la terrible angoisse

Des vivants emmurés dans les cachots du Sort.

Les nuits sont fraîches au Canada...

Mais comme c'est plus facile

Plus vrai

De dire avec mes mots de tous les jours

Regarde

Regarde cette procession de têtes de pie sans vie avec

Leurs bidons de soupe, leurs bâtons d'olivier et leurs

Bâtons blancs

De la société

Protectrice des animaux domestiques

Ou pas,

Avec leurs boîtes de fer blanc, leurs chiffons, leurs

Burnous pourris, leurs chéchias pourries, leurs yeux

Pourris, leur démarche de macchabées, leurs pieds nus.

Leurs salles à manger, leurs courant d'air, leurs haïks

En portion de six comme la vache qui rit ou la vache

Sérieuse, leurs enfants, leurs cordes à noeuds, leurs

Cheveux, leurs pinces à linge modèle breveté S.G.D.G.,

C.Q.F.D., A.B.C.D., leur crâne rasé comme à

Barberousse, leur cou sale, les mots qu'ils marmonnent

Les jours pluvieux,

A bas l'hémistiche!

L'hémistiche est mort! Vive le Roi!

Au poteau!

Au piqué avec un bonnet d'âne et une veste de velours

Plus facile de dire

Avec la tristesse serrant ma gorge

A n'importe qui

Au Président de l'Assemblée Algérienne

A celui de l'estudiantina de Bab-el-Oued

A celui du club du chien de défense et de berger

Aux enfants de Marie

A Zorro, l'homme au fouet et son cheval Médor :

La charité pour mes frères qui ont faim

 

 

(d'après, Editions Bouchène, Alger, 1987. N° d'édition 001/87. Dépôt légal 1er trimestre 1987. Re-publié  par le n°10 de la revue Albatroz, Paris, janvier 1994).

 

Source   http://albatroz.blog4ever.com/ismaal-aat-djafer-complaint...

 

03/04/2014

l'oeil & la plume : encre & sang

André Laude 02sm.jpg

manuscrit de andré laude

 

Je fais de ma vie de nuit en nuit un tas d’ordures.

Je fais de ma vie une brumeuse chronique.

Je fais de ma nuit le carrefour des fantômes.

Je fais de mon sang un long fleuve

qui tape à mes tempes.

Je fais de ma peur un oiseau noir et blanc

Je fais d’un oiseau mort, pourri,

l’enfant que j’aurais pu être.

Je fais d’un enfant un feu fou, un bloc de cendres.

Je fais de ma mort à venir un festin de serpents.

Je fais d’un serpent la corde pour me pendre.

Je fais d’un long, acharné silence le testament

de tout ce qui fut désastres, horreurs, ennuis,

ruptures et interminables hurlements.

Je pisse de l’encre et du sang.

Je pisse de l’encre et du sang.

Je chante sur le bûcher des châtiments.

 

 Source  http://www.larevuedesressources.org/des-poemes-d-andre-laude,062.html