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25/09/2018

l'oreille & la plume... le temps qui reste

paroles de jean-loup dabadie  musique de alain goraguer, 2002   image du film 2 jours à tuer de jean becker

 

 

 

Combien de temps...
Combien de temps encore
Des années, des jours, des heures, combien ?
Quand j'y pense, mon coeur bat si fort...
Mon pays c'est la vie. Combien de temps...
Combien ?

Je l'aime tant, le temps qui reste...
Je veux rire, courir, pleurer, parler,
Et voir, et croire
Et boire, danser,
Crier, manger, nager, bondir, désobéir
J'ai pas fini, j'ai pas fini
Voler, chanter, parti, repartir
Souffrir, aimer
Je l'aime tant le temps qui reste

Je ne sais plus où je suis né, ni quand
Je sais qu'il n'y a pas longtemps...
Et que mon pays c'est la vie
Je sais aussi que mon père disait :
Le temps c'est comme ton pain...
Gardes-en pour demain...

J'ai encore du pain
Encore du temps, mais combien ?
Je veux jouer encore...
Je veux rire des montagnes de rires,
Je veux pleurer des torrents de larmes,
Je veux boire des bateaux entiers de vin
De Bordeaux et d'Italie
Et danser, crier, voler, nager dans tous les océans
J'ai pas fini, j'ai pas fini
Je veux chanter
Je veux parler jusqu'à la fin de ma voix...
Je l'aime tant le temps qui reste...

Combien de temps...
Combien de temps encore ?
Des années, des jours, des heures, combien ?
Je veux des histoires, des voyages...
J'ai tant de gens à voir, tant d'images..
Des enfants, des femmes, des grands hommes,
Des petits hommes, des marrants, des tristes,
Des très intelligents et des cons,
C'est drôle, les cons ça repose,
C'est comme le feuillage au milieu des roses...

Combien de temps...
Combien de temps encore ?
Des années, des jours, des heures, combien ?
Je m'en fous mon amour...
Quand l'orchestre s'arrêtera, je danserai encore...
Quand les avions ne voleront plus, je volerai tout seul...
Quand le temps s'arrêtera..
Je t'aimerai encore
Je ne sais pas où, je ne sais pas comment...
Mais je t'aimerai encore...
D'accord ?

 

 

13/06/2018

l'oeil & la plume... pièces rapportées

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texte de bruno toméra                                                                                                                 ill. de jlmi 2017

 

 


 
Lampadaires incolores, mon ombre déambulait entre ces rues de pierres jaunes, la tronche ravagée par la Guinness. Boite de nuit de merde, ce connard me branchait poésie, j'en avais rien à foutre de ses parachutages égotiques dans les pourtours de sa libido, il s'emmerdait autant qu'un autre, je n'avais plus besoin d'alibi, j'ai appris à m'en passer, c'est cela ma façon d'être poète, je n'ai pas d'alibi. On était donc tous là à attendre l'autobus de la mort et chacun un arrêt ou descendre et je rentrais dans cette morgue de la chambre d'hôtel, entre ces murs gelés de la mort, avec ces décorations virtuelles, ces draps élimés sans odeur, cet ennui gravé dans l'enclave de l'univers où il n'y avait rien à picoler, rien que de la sale solitude qui gouttait du plafond.


Mon frère crevait les poumons dentelés par des virus aux noms mystérieux, il faut gaver de solennel ce qui nous échappe, mon frère crevait et je regardais ces femmes vertes en sabots de plastiques et en uniformes verts et je me demandais si elles portaient une culotte sous ce froc des urgences de l'hôpital Louise Michel, elles cavalaient chaque fois qu'un être descendait à un arrêt et je visionnais sur mon dvd perso haute définition les contours, le modelé de leur toison pubienne, l'odeur de l'amour, l'odeur de la mort, monstre et voyeur, une psycho m'a dit plus tard que l'on se protège comme on peut, je surnageais dans cette conscience ordonnée et désorganisée qui flirte dans le sempiternel show du chaos.


Les pierres jaunes suaient et craquait sous le gel, j'attendais l'amour, je l'inventais muse à la peau blême, filles fleurs en dessous transparents sur les pages glacées des pubs des magazines qui permettent de glorifier l'insatisfaction après une putain de journée de boulot, des filles de pub télé qui déballent sous contrôle juste de quoi se branler entre deux flashs catastrophiques, filles aux longs cheveux bruns qui me faisaient bander, môme, quand je voyais ces hippies femelles balançant leur crinière et leurs hanches, connasses aussi tordues que leurs mères, leurs jupes long rideau de théâtre où  je débutais dans le registre des fantasmes convenus et fabriqués par la propagande du moment.


Président escroc, sénateurs séniles, chefs de gangs libéraux, mains idéalistes et crocheteuses, donneurs de morales surpayés, experts caressant tous les sens du poil, tous fourgueurs de cames télévisuelles où l'information n'est qu'une anecdote frelatée de la sur-réalité. L'important étant de passer le temps, tout le monde ingurgite la came de la peur en se prélassant dans de confortables canapés. Adrénaline télévisuelle, le moi projeté dans les purificateurs cataclysmes.


Les pierres suaient le gel par les fêlures, appuyé contre cette fontaine des souhaits je traficotais mon existence comme un chien rouge sous les clignements d'œil des étoiles qui se foutaient de ma gueule.


Vendre de l'impuissance, je vendais contre un verre des poèmes écrits sur des cartons à bière, sur du papier sandwich et ils me rigolaient au nez leurs dents cariés, leurs sourires imbéciles me trouaient le thorax, je plongeais dans mon océan houleux et beau, seuls quelques coups de poing me ramenaient au graphique plat des conneries.
 

          Je me fous du monde éperdument, éperdument.


Deux Bouddhas flics me poussèrent du bout de leur tantra loyaliste, j'étais sur la bonne voie, plus loin, inconscients, des gens attendaient leur tour à l'arrêt d'autobus.

2007

 

05/02/2018

l'oreille & la plume... psychorama holographique ( fragments lus par Cathy Garcia )

merci à cathy garcia pour ces lectures après publication dans sa revue