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16/02/2017

l'oeil & la plume... samedi soir

 José Guadalupe Posada-Fiesta-de-Calaveras-01invers.jpg
texte de cathy garcia                                                                                                ill. José Guadalupe Posada

 

Éclaboussures violettes        
Sur la mâchoire d’un ciel d’orage  
Les mantes encapuchonnées rodent      
Sur les places désertes. C’est l’heure      
Où les rats comptent la monnaie  
Quelques montures élégantes paradent encore        
Dans les dernières rues animées, les clowns   
À tête de mort secouent leur bâton crécelle    
Puis la nuit éclate comme un vase
Sur les carreaux du crépuscule      
Dans les mansardes poussiéreuses,       
Les crétins patientent et les vers de sable       
Guettent leurs étoiles-mères
Bientôt les nuées nocturnes viendront s’abattre      
Sur des comptoirs étincelants       
Pour se noyer    
Haut et court     
à des alcools de potence.      

1999


14/02/2017

l'oeil & la plume... pendant qu'autour de moi

plume02Bsquare.jpg
texte murièle modély                                                                                                                ill. jlmi  sans date

 

pendant qu'autour de moi
des gens avancent
des politiques tracent
des poètes percent
des familles pleurent
je fais
je refais
du surplace
j'écris
un peu de poésie
chosettes en ligne
en vertical
j'y mets des hommes
j'y mets des femmes
des maux de couples
j'écris
gratte au milieu
des caroncules
et sur l'écran
du sang
des larmes
la morve un peu
j'écris
sur la pupille
insiste
je ne vois rien
l’œil bande
mou
j'écris

12/02/2017

l'oeil & la plume... quête

 quêtesmall.jpg
texte de bruno toméra                                                                                                                    ill. jlmi  2017

 

 

Puis la passion de st Matthieu quand Bach
Tord sa baguette sur ma bouteille d'alcool
Où je loge ce bobard solitaire que je me distille
Sous la nuit bleu pétrole avec ce ticket de caisse
De la vie dans le ventre vide d'un vieux sac
De supermarché s'enfuyant affolé au travers de la ville,
Ce sans vous, ce sans ils, cette bile acide au gris matin
Sur mes chaussures faisandées,
Fais longtemps que j'ai pas tiré un coup
Dans le kleenex immaculé des poètes enrhumés,
Nettoyer ses rides devant le miroir fêlé de la prestance,
Allumer la énième clope, cracher quelques éponges,
Chauffer le sénile diesel et foncer
Pare-choc contre pare-choc
A cinquante et un kilomètres heure
dans le tohu-bohu bohu de l'existence
Vers l'impérieuse quête du saint Graal
De l'amour inventé sur des guibolles fermes et blanches
Pour s'abreuver au néant de la biologique nécessité
d'une chatte bien chaude,
Et c'est pas gagné.