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14/03/2014

l'oeil & la plume : des idées derrière la tête IV

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texte & illustration   isabelle le gouic
 

 

PARFOIS, SONGER À CESSER DE SONGER. MAIS JE SONGE ENCORE, LÀ…

 

Les mots comme de petits cailloux

pour retrouver son chemin, même

dans les rêves.

 

Il faut parfois

faire la carpe

alors je parle

fort.

 

Un téléphone sonne dans le désert.

Je ne décroche pas.

 

Ici,

tout est permis.

 

Dans mes rêves, je dessine.

Dans la réalité aussi.

 

ATTENTION, PEINTURE FRAICHE À TOUS LES ETAGES !

 

Il revient dans mes rêves,

souvent.

 

Il me fait peur

quand il fait

la tête comme cela

 

Petit, il ne faut pas avoir peur de moi !

 

JE SUIS AU PIED DU MUR

ALORS, JE REVE…

 

Je suis restée suspendue

A mes points de suspension.

 

Il y a parfois un silence.

 

Je ne suis qu’un paquebot inconscient.

Sous la pluie noire, je vais.

 

13/03/2014

l'oeil & la plume : te peindre en ordinaire

fanny ilg Illustration Te peindre en ordinairesm.jpg
texte de fanny sheper                                                              pastel de isabelle le gouic  2014
 
 

Je voudrai te peindre en ordinaire

Te diluer dans le triste humain

Qu’es-tu d’autre qu’une pauvre personne 

Qui ne vaut pas plus que moi

 

Te dissoudre dans un verre de  quotidien

Et ne plus penser à toi

Ne plus te rêver tel un roi sauvage

Mais te voir comme un homme tout court

 

Te diluer jusqu'à ce que tu  perdes ton éclat

Que ton aura  impétueuse soit délavée

Que ton charme candide soit décoloré

Et que tes yeux perdent leur magnétisme

 

Je voudrai  lessiver ton corps

Qu’il soit vidé de sa saveur

Qu’il soit stérile comme une terre inondée

Qu’il perde son attrait

 

Je voudrai  me libérer de cette délicieuse obsession

Pour à mon tour me peindre en ordinaire

Et me  suffire de modeste bonheur

Délavé, décoloré et  lessivé

 

11/03/2014

l'oeil & la plume : calepins voyageurs et après ? fragment juillet 1998

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texte de cathy garcia                                                                                                                  collage  jlmi  2014

 

Des larmes se déchirent sur l'archet d'un violon discordant mais voici que du brouillard, montent des accords de fête. Vieux trombone et percussions tanguent sur les pas d'un accordéon. Cortège fragile, si vite dissipé par les accords graves et lourds du piano. Des lumières flottent dans le néant, c'est la noria des atomes. Des créatures de boue et de nuit se redressent, dégoulinantes. Lentement les unes après les autres, elles se lèvent et commencent à marcher.

L’aube originelle se fraye un chemin au travers les ténèbres contractées, elle en émerge enfin, écorchée, écarlate. La pluie se mêle à la lumière. Noces sanguines pour baigner la nouvelle-née. Une flûte insolente marque le début d'une danse. La nuit grouillante de cauchemars est refoulée à l’angle de l’oubli. Les fleurs ont remplacé la boue, c'est la naissance de l'amour ! Une guitare romantique glisse des lueurs de bonheur dans les regards tout juste éclos. Les doigts se frôlent en tremblant, tout à la joie de l'éveil. Les hanches se balancent au rythme d'une houle langoureuse qui monte à la gorge pour jaillir, champagne, en rires empourprés. Instant magique, unions des cœurs sous les eaux caressantes d'une seule et même chanson, celle du temps qui nous reste à vivre, berçant nos tendres illusions et portant sur nos lèvres l’étrange sourire de ces enfants, qui disparaissent avant même d'avoir vécu. Le vertige des années qui glissent sur une partition ponctuée de silences. Le vieux musicien sait que sa musique tient à un fil. Au fil ténu d'une respiration, le premier chant du monde, mais les vieux musiciens au fond des bars sont fatigués. Leur regard fiévreux brille. Au fond des verres gisent des larmes d'alcool. Tout se trouble. Il est tard et la musique s'estompe.