Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10/05/2014

l'oeil & la plume : Maitresse Dantòr

poesie armedestructionmassive.jpg
texte de kettly mars                                                                          collage jlmi  2014

 

Cette femme
Belle
Noire
Son parfum dans mon ventre
Me poignarde doucement
Elle me tue
D’une mort qui donne vie
Toujours plus de vie…

*
Contre la folie de tous les racismes
Contre les violeurs et le sexisme
Contre l’hypocrisie et le paternalisme
Contre les phobies et le négationnisme
Contre l’acculturation des pseudo-évangélismes
Contre la mort lente par néo-libéralisme
Contre les guerres saintes et les angélismes
La poésie est la seule arme de destruction massive

 

Inédit Courtesy la biennale des poètes  http://www.biennaledespoetes.fr

 

 

09/05/2014

l'oeil & la plume : la croix du corbeau

140502 la croix du corbeau BradDowney - subway.jpg
texte de cathy garcia                                                                      photo ©brad downey

 

Les feuilles sous ses pas, crissent comme du verre. La croix du corbeau pèse lourd et un suaire de glace a figé toute sève. Le ciel est blanc jaunâtre, comme gros de neige. Les chênes fluets semblent bois mort. Tout en marchant, ses pensées ne cessent de revenir à lui. Elle l’avait laissé dans l’été d’un lit d’amour, brûlant de fièvre, enflé de désir, tout au bord de l’automne. Puis l’automne l’a consumé et elle ne sait plus où elle a jeté ses cendres. Maintenant elle marche et tout en elle n’est que silence et engelures. Lorsque le linceul de feuilles se perd sous le béton, elle peut encore entendre son crissement de verre. Elle marche dans une ville noire aux passants gris. Elle marche, laissant derrière elle des morceaux de mémoire que personne ne ramasse. Quand elle arrive devant le trou d’où s’échappe la chaleur souterraine, elle descend une à une les marches et disparaît dans un souffle de rame.

On ne la vit jamais ressortir, d’aucuns trous de la ville. Certains disent qu’elle a rejoint le peuple des rats, d’autres qu’elle est devenue reine d’un tripot dans une station désaffectée. On dit tant de choses et puis on ne dit plus rien.

Le printemps est revenu, les lits d’amour ont fleuri, des petits corbeaux sont nés. La mort est enterrée, pour un temps qu’on voudrait croire éternel.

 

 

07/05/2014

l'oeil & la plume : sommet d'où jeter son pinceau ( fragment I )

Utagawa Hiroshige – Rough Sea at Naruto in Awa Province (1855).jpg
texte de werner lambersy                    ill utagawa hiroshige    Rough Sea at Naruto in Awa Province (1855)  ( partielle )
 

Si tu t’adresses à quelqu’un

N’oublie pas jamais

Que tu parles

 

À un mourant

À quelqu’un qui est en train

De mourir

 

Et s’il répond

Que c’est la mort qui te parle

À toi qui vas mourir

 

Ne l’oublie pas

Tout est affaire d’ultimatum 

 

Que ta voix s’apaise s’épuise

Puis passe au poème

Qui se tient

 

Au plus près du silence dont

La ruine est comme

De l’eau

 

Qui retomberait sur une autre

Avant de gonfler

Un nuage

 

Et d’arroser les terres du bas

 

La voix retourne

Toujours aux racines ici d’un

Arbre et là de l’herbe

 

Ici d’une pierre et là de vents

Levés plus hauts que

Les bronches

 

 

Où les bruissements de l’âme

Tannent une surface

Désertique