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13/01/2018

le ciseau & la plume... Dans un puits de cicatrices

 

sculpture poétique de jlmi sur des textes

de Joyce Mansour

 

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Au-delà des limites de la lumière

De la froide incandescence lunaire

Des ombres gantées de fumées

Passent sous la pendule qui baille.  

Je pense à toi comme je respire.

 

A l’étal du couchant

Aux arômes d’inexprimable

Le pas pesant du silence

Sur le crâne chauve de l’ennui

D’un archipel d’insomnie

 

Dans l’impalpable de la nuit

L’œil malade d’images

Attendant l’arrivée de l’incertain

Cloître des rêves

Dans les étages du passé

 

Collée aux cloisons de l’attente

La porte de la nuit est fermée à clef

Horloge parlante de la vieillesse

Ma bouche se veut tombe mais ne sait pas mentir.

Je t’abandonnerai mon corps et tu le dévoreras

 

Comme un spasme dans l’émonctoire d’une femme

Un remous s’est produit dans la végétation

Et l’homme s’est noyé dans la liqueur

Aux fleurs brunies de mon ventre

Tyrannique folie des timides

 

 

16/12/2017

le ciseau & la plume... à fleur de peau

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nina bouraoui                                                                                   ill. jlmi 2012

 

 

Je suis la peau buvard

 

sculpture poétique de jlmi sur Mes mauvaises pensées
de Nina Bouraoui 

 

 

Il faut de l’imagination pour vivre. Je reconnais mille visages en un, ce sont des couches que j’arrache une par une pour me venger de moi. Cette vengeance consiste à détruire mon affection, à détruire ma faculté à aimer, à exister.

Une image floue de moi à côté de moi.

 

J’ai parfois le sentiment étrange de perdre la tête, d’avoir une fissure au cerveau

C’est la peur qui dévore le cerveau, c’est la peur qui dévore le corps, c’est la peur qui brise les liens.

Je n’ai pas peur du noir, je n’ai pas peur de la mort, je n’ai pas peur du vide, ce vide qui se creuse à l’intérieur de soi.

J’ai peur des autres. J’ai peur de ma violence qui reste sous ma peau. Seule la beauté brouille cette peur, la beauté se pose sur la peur comme un voile.

Je n’ai aucun désir du monde.

Il y a un vertige de la solitude, il y a un vertige du corps.

Mon cœur est plus fort que la terre, mon corps est plus fort que le ciel, mon cœur porte mon corps.

Je ne me retiens jamais.

 

Il n’y a aucune limite dans mon temps, c’est une forme de liberté. Je suis là en tant que moi-même, je ne suis d’aucune guerre, je ne suis d’aucune rançon.

Je sais nier la douleur, je sais nier le chagrin, je sais nier… la peau buvard qui fera écrire… qui fera rougir aussi.

Je suis la peau buvard de ce monde.

Les larmes ne lavent d’aucun chagrin. Les larmes entrent dans ma peau buvard.

C’est par mon silence que rien ne change.

 

Est-ce que l’écriture est une arme ?

Des antennes collées au papier, il y a de cela dans l’écriture qui serait alors fixer la vie. Ecrire ce que je vois est ma façon d’habiter l’existence, c’est ma façon de fermer ma peau. Les livres sont aussi des secrets révélés dans la nuit des mots.

Il y a un sentiment de pouvoir dans l’écriture qui avance, c’est une façon de marquer le temps. L’écriture est l’écriture du mouvement de la vie.

 

Est-ce que la mort n’est pas comme une invasion ?

On descend le cercueil dans le trou, c’est lent, c’est sourd, c’est le bruit de la mort, puis le bruit de la terre par poignées.

La vie lentement se pose sur l’idée de mort.

La mort devient un petit point noir parmi les milliers de points de feu qui constituent le soleil.

 

 

 

30/09/2017

le ciseau & la plume : Ivre, il faut vivre ivre !

 

sculpture poétique de jlmi sur des textes

de Joyce Mansour

 

 

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Je rame dans l’affreux tintamarre des ivrognes

 

Sur les eaux basses du pur ennui

- Celui qui inventa l’ombre avant la lumière -

Je sème les yeux à tous les vents

Au trou de la serrure de la porte qui n’existe pas

Minuit à perte de vue

Oeillade de la lune sur la soie d’un paysage blanc

 

Entre le cœur et l’éclair

Pénétrer l’avenir par le toit…

Sur des protons épileptiques

Ma chanson roule vers l’exil

La matière informe d’une petite insomnie

Cancer mythique du temps passé

 

Le jour blafard fait les cent pas sur le mur.

Un long doigt de brouillard

Gouaché de parfum

Viens prendre possession de mon suicide

Connaître l’offense de la mort agitée de vers ?

Si les morts pouvaient contempler leurs têtes

après quarante jours de silence…

 

Ivre, il faut vivre ivre !