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17/05/2017

le ciseau & la plume... les cheveux de Zohr

sculpture poétique de jlmi sur la Voyeuse interdite

de Nina Bouraoui

 

 

ninabouraoui.jpg
Nina Bouraoui vue par Franck Ferville 
 
 

 

Et ils violent.

Le reste n’existe plus

Gouffre de l’a priori et de l’inné

Esclaves du sexe ne cherchez pas

Vous ne trouverez jamais un regard complice

Arrachons rideaux et voiles

Un carnaval de mains brisera le silence

Se faire une histoire avant de regarder le vrai

Je suis l’œil indiscret caché derrière vos trous de serrure

Je nomme mes disgrâces : maux de la Beauté

Une part dérisoire de fausse liberté

Accroupie derrière une table basse

Zohr ma sœur aînée

Attend la fonte de la menthe

Appauvris par des rubans trop serrés

Ses cheveux tombent aujourd’hui

En mèches inégales

Sur son corps aux veines apparentes

Zohr ignorait que la mort était déjà en elle

Zohr la transportait dans toute la maison

Et s’endormait dans ses bras

Poussée par l’instinct de survie

Je chasse la décadence par la décadence

Par la douleur de l’interdit

Je réveille mon corps

Le sauve in extremis de la chute

Je m’enfante moi-même

Seuls les yeux sont intacts

Dialogues maladroits entre l’absurde et l’absurde

D’un présent lointain

Ignorer le temps

Il ne passe pas, il trépasse

Taquiner les rats et nourrir les fous

La ville se rapproche du désert

Epicentre du néant

No man’s land de nulle part

Le désert s’écoute seul

Le soleil haussait les épaules

L’arbre continuait à vivre

Son odeur disparut au fil des jours

Un mélange d’ambre, de musc et de réglisse.

Petite symphonie macabre

Pour fête clandestine des sens désaxés

Requiem pour le vide

 

 

06/05/2017

le ciseau & la plume... les horloges fatiguées

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                                                                                                                         ill  jlmi 2012

 

Sculpture poétique de jlmi sur le Cheval couché   
de Xavier Grall   

Odeur,

rebelle,

animale, 

de l’amour dans la poésie

des corps mêlés

au sommeil d’orage

Solidarité minérale

aux portes pleines de vents

Interroger les énigmes

de l’âge ultime

de l’âge du délabrement où tout

se lézarde,

s’effrite,

croule,

s’éboule

orgueil affaissé

en dormition au lit clos de la résignation d’entrailles et d’esprit.

Retrouver le temps des horloges

les écouter confesser leur fatigue de sonner l’âge tombal

les fatals accomplissements des utopies et des chimères

des chevaux éblouis

qui ne vont plus à la mer dans l’ombre douce des chemins creux.

 

 

13/03/2017

le ciseau & la plume... les ténèbres définitives

    bern03b.jpg
sculpture poétique de jlmi sur la courte nouvelle ‘’Trois jours’' de Thomas Bernhard                                 ill. jlmi  2012

 

 

 

… les premières impressions, le chemin déjà […]

Se faire comprendre est impossible, ça n’existe pas.

Et cela devient naturellement toujours pire et toujours plus fort,

et il n’y a aucun salut ni aucun retour en arrière.

Dans l’obscurité tout devient clair.

        Ce que je préfère c’est être seul

        C’est en fait un état idéal

Ma maison est aussi en réalité, une gigantesque prison.

Au fond je ne voudrais rien d’autre que d’être laissé en paix.

[…] De savoir que tout s’écroule autour de moi

ou que tout devient ou non plus ridicule que ça n’est…

ça n’a pour moi absolument aucun sens,

et ça ne me conduit pas plus loin non plus,

ça ne me conduit surtout pas à moi-même…

[…] Dans le contact des êtres humains

il est aussi très bon d’interrompre brutalement la relation.

[…] et prendre continuellement la mélancolie en comprimé…

[…] Tentative de mettre le doigt sur des objets

qui se dissolvent au moment même où

l’on croit les avoir touchés.

… et si possible, en fermant les yeux,

accélérer la venue des ténèbres

et ne rouvrir les yeux

que lorsqu’on a la certitude d’être

absolument dans les ténèbres,

les ténèbres définitives.