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18/05/2014

l'oeil & la plume : les grands espaces

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texte de cardon le barbier                                                                                                          collage   jlmi  2014

 

Je crois que nous faisant face

Nous avions toujours le dos tourné

Entre nous tout était connu, étendu à sécher

Il n’y avait plus rien à démonter

Tout n’était que pièces détachées

Oubliées dans un carton de poussière

Et pour ne pas voir ce terrain vague

Vide

Nous fermions les yeux

Et parlions à tâtons.

 

Lentement aveugles

Tout devint bruit

Et le silence tomba

Comme la nuit des tropiques.

 

Installés au pied d’une décharge

Assis sur les marches du soir

Nous fixions l’horizon dans la même direction

Pour ne pas nous regarder.

Le vent faisait battre les volets

Un peu de terre soulevée, plus bas

Sous nos yeux se levaient les lumières de la ville.

Nous parlions une langue morte

Des textes sans images

Des dialogues sans personnages

La vie pratique était lieu de rencontre

Comme un parking de supermarché abandonné.

 

Nous attendions la libération.

 

 

in poèmes en loft / urgence poésie  2013

 

       

17/05/2014

l'oeil & la plume : coupé de paraffine

 

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texte de cathy garcia                                                                                                             collage   jlmi  2014

 

C’est la saison, la belle saison

Des parades politiques publicitaires

Militaires mensongères

Paroles paroles paraboles

Bon lait cathodique

À tous les foyers du monde !

 

Brouillards matinaux laxatifs longue durée

Paranoïa planquée paravents pare-brise

Pare-chocs pare-balles pare-tout

Sauf des parangons de bêtise

 

Chacun sa part

Lèche mon parabellum

Et paix aux paradis fictifs fiscaux

Ô mon beau parachute à dorer !

 

Paroxysme des parodies temps bénis oui-oui

De paramnésie paraphrase paraphasie

Bazar du paraître contre bon cœur paralysé

Acte de soumission à parapher chaque jour

Et avec le sourire s’il vous plait !

 

Riez

Applaudissez

C’est bien 

Continuez !

 

extrait de Pandémonium  II

 

 

15/05/2014

l'oeil & la plume : le souvenir débarque chez toi à l’improviste

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t(y)exte de tom samel                                                                                                 ill. © geraldine morag
 

 

et les mains vides

et il dit « je ne resterais pas longtemps »

et commence à dévaliser ton frigo

et parle très fort en postillonnant

et il te pompe ton énergie

et tu n’arrives pas à le foutre à la porte

et lorsqu’il finit par s’en aller tu es au tapis avec ta migraine

il ne laisse que les cendriers pleins de mégots un sol poisseux plein de larmes et de bières

et un mot sur le palier sur lequel il est écrit :

« je suis parti parce que je t’aime et que je ne saurais te faire du mal directement »

 

in Microbe n°78 juillet-août 2013