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12/11/2017

l'oeil & la plume... poussière

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texte cathy garcia                                                                          photo © ludovic florent  série poussières d'étoiles

 

 

Juste un peu de poussière ?

 

Les mouches fermières ronronnent sur la peau de lait. Déguisé en mendiant, un bleuet part en fumée. Sur les toits, une pie s’effarouche et dans les herbes hautes, les cailles s’endorment en rêvant à des nids sur la lune. Une guêpe allumée dessine des jarretelles sur les pattes d’une musaraigne. Les laitues sont aux champs, les biches aux abois. Les murmures pourrissent sur des chemins d’épines.

 

Aux portes de la ville, valse de muses infécondes. Cantiques de murailles à faire froid dans le dos. La langue râpeuse de l’étranger, sa langue hachée, servie juste trop cuite à ceux qui pensaient pouvoir l’avaler. Des gorgones, des maux de têtes apparaissent les soirs de grand vent. Ces soirs où les passants passent comme des mortes-feuilles, où les enfants s’accrochent aux lampadaires qui urinent sans façon sur des chiens vêtus de noir.

 

Dans les jardins publics, qu’il vente ou qu’il pleuve, les mantes non religieuses sucent des fourmis à miel. Cela offusque et excite les vieilles coquettes, chapeau, gants, eau de violette. Diamants concassés dans leurs regards éteints.

 

Oui, juste un peu de poussière.

 

11/11/2017

l'oeil & la plume... en dehors & autour (fragment )

 Sans titre-70crec.jpg
texte de werner lambersy ill.jlmi  2017

 

 

Je pèse ma mort
Sur la balance imprécise
D’un vendeur d’aspirines
Et de parfum bio

J’ôte deux kilos
Pour le duffel-coat anglais
Mouillé
Mes chaussures italiennes
Et le reste
Venu de la Chine populaire

La vie fait trembler l’aiguille 

 

09/11/2017

l'oeil & la plume... je ne suis plus qu'une trace

Nathalie Rheims 03sep.jpg
texte de nathalie rheims                                                                                    ill.  jlmi 2017


Je ne suis plus qu’une trace sur papier glacé

d’une lumière aujourd’hui éteinte

fragment d’un temps suspendu

empreinte de sels argentiques

je retiens, figée dans mon silence

ces instants de ma vie

qui n’ont surgi

que pour s’inscrire dans ton regard

y retrouver ton désir

dès lors, que je ne suis plus que là,

présence et absence sur ce que le temps jaunit

que l’oubli efface

ainsi je disparaîtrai de tes souvenirs.

 

 

In Lettre d’une amoureuse morte / Flammarion  2000