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24/03/2017

l'oeil & la plume... Patti la pluie

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texte de fanny sheper                                                                              collage jlmi  2013
 

C’est une longue femme anguleuse

Pas plus épaisse qu’un os

Visage louche aux grands yeux noirs

Elle traîne dans des hôtels miteux

Remplis  d’artistes et de crasse

Sur les rocailles de la misère bohème

Elle griffe des poèmes et des étoiles bleus.

Parfois elle marche ivre sous la pluie

Pour transcender la disette et les murs jaunis

Elle dessine, elle écrit, elle est dévouée,

C’est une artiste crève la faim,

Une chatte maigre au charme de gouttière

Qui  connaît les ténèbres des crassiers des âmes.

Quand elle chante comme  une madone  destroy

Avec ses pelures de loup et sa voix de jalouse avinée

On dirait qu’elle va tous les bouffer !

Perchée là haut, comme un corbeau trempé sur sa branche

Elle pose ses yeux de charbon mouillé

Sur nos petites vies  pressées

Sur nos petites vies pressées

Sur nos petites vies pressées

 

22/03/2017

l'oeil & la plume : dites moi où, en quel pays...

 paysage.jpg

texte jlmi                                                                                                               sur photo anonyme

 

... Sage paysage en noir et blanc.

Impression diffuse d’être face à un négatif. Oui, sans doute.

 

Au fond - au ciel ? - un arc de gris dégradés. Si nous étions sous les tropiques, ce pourrait être la naissance de l’astre d’un jour nouveau lorsqu’il se pare de ce rouge si profond.

 

En premier plan, un ensemble symétrique de collines s’étale jusqu’à un horizon incertain. Incertain, car est-ce un horizon marin ou bien celui que l’on perçoit du haut d’un plateau, au fin bout des vallées des massifs érodés. L’élément marin semble l’emporter. Nul ne saurait y être surpris par l’odeur des goémons

 

Ces collines sont désertiques, nulle végétation ne semble y vivre. On les croirait polies par les vents de tous les azimuts et les pluies de tous les ciels. Ceci renforce la probabilité d’un océan voisin. Seule la lumière joue ce jour sur les rondeurs et les souligne avec une infinie délicatesse.

 

Ce qui surprend au premier abord dans ce paysage sage à l’extrême, c’est l’arrangement, l’harmonie autour d’un centre au galbe parfait, ensuite, c’est la végétation luxuriante posée là. L’idée de buisson vient de suite à l’esprit. Mais à la réflexion il faut bien convenir que c’est impossible, le paysage est bien trop large, ample. Ce buisson est au moins un bosquet et sa forme est le résultat de l’action continue des vents…

 

L’esprit poursuit son lent travail. Un bosquet dans cette nature ? Pourquoi ? Quel secret peut-il bien dissimuler ? Et vient l’envie, violente, de gravir le Mont pour en explorer l’autre versant…

 

21/03/2017

l'oeil & la plume... les intemporaines

 

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texte & photo werner lambersy
 

 

 

Le temps est sans fin

L’espace est sans fin

 

Et sans fin

Ni repos les matières

 

Car est matière

Ce qui résiste au désir

 

L’homme

L’ouvrage et son désir

Sont sans fin

 

Et la bombe

D’Hiroshima tombera

Sans fin

 

Rudérales

Sont les fleurs

De nos jardins saccagés

 

Sur les décombres

Et le remblai en friches

De nos consciences

 

Lumière

Les cendres du soleil

 

Cosmos

Ce qui couve encore

De son feu

Dans l’incendie

Aux lisières aveugles

 

Et la pluie noire

Des moussons du vide

 

Mais l’ombre

Marquée sur un pan

Carbonisé d’Hiroshima

 

Est le fantôme écorché

De qui passait  

Sous les bruissements

De cerisiers

 

Dont on disait en ville

C’est le frisson

Le plus secret du beau

 

Qui seul peut

Nourrir l’âme humaine

Mémoire

Le terrain vague

Où la végétation sauvage

 

Des images d’Hiroshima

Repousse toujours

 

Parmi les gravats

De l’horreur instantanée

 

Et les crépis boursouflés 

De la peau

Et les pustules de la peur

A venir

 

Brûlis  

Où l’ortie amère persiste

Plus têtue

 

Que l’oasis dans le désert

Du cœur

Ou le nerf

Des coqs décapités

Que la fureur fait courir

 

Les mots

Comme des gants

Oubliés rêvant de caresses

 

Que la main

Ne peut connaître que nue

 

 

Extrait des Intemporaines