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31/03/2013

l'oeil & la plume : trou de mémoire

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texte de isabelle le gouic                                                                                             ill.  ''série noire IV'' jlmi  2005

 

J'ai un blanc fait de noir, un tout blanc, un néant, un trou noir. J'ai un blanc fait de noir sans raison, sans savoir. J'ai un blanc tout béant, déraison dérisoire. J'ai un blanc fait de noir, aube claire faite de soir. Je vois blanc, je veux croire, je vois noir quand tout foire. J'ai un blanc fait de noir, trou de mémoire à mon histoire, sans raison, sans savoir, un trou blanc, un trou noir. Ca dépend du vent, ça dépend d'avant, ça dépend des soirs, tout ça reste à voir. J'ai un blanc fait de noir quand je bois mes déboires, pas de p'tit blanc qui aigrit, mais un p'tit noir pour y voir ma mémoire dans le marc. C'est troublant ce trou blanc, c'est troublant ce trou noir. J'ai un blanc fait de noir, sans raison, sans savoir. C'est glissant comme le blanc d'une patinoire, comme le savon blanc dans la baignoire. Sans raison, sans savoir, je suis un été blanc sous l'éteignoir. J'ai un blanc fait de noir. C'est accablant, c'est un cas blanc, c'est un cas noir. Sans faire semblant, j'ai le sang blanc, j'ai le sang noir quand papier blanc devient grimoire sous l'encre noire criblant le blanc.

 

... J'ai un blanc fait de noir, un tout blanc, un néant, un trou noir. J'ai un blanc tout béant, déraison dérisoire.


26/03/2013

l'oeil & la plume : les pluies noires (extrait)

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 texte de werner lambersy  (bref extrait)                                                        illustré d’une eau-forte de christine gendre-bergère
 

 

Mémoire

Le terrain vague

Où la végétation sauvage

 

Des images d’Hiroshima

Repousse toujours

 

Parmi les gravats

De l’horreur instantanée

 

Et les crépis boursouflés  

De la peau

Et les pustules de la peur

A venir

 

Brûlis  

Où l’ortie amère persiste

Plus têtue

 

Que l’oasis dans le désert

Du cœur


20/03/2013

l'oeil & la plume : la dame de Brassempouy

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texte de cathy garcia                                sur la statuette dite Dame de Brassempouy âgée de ~25000 ans

 

 

Maîtresse des lunes giboyeuses

 

Grand écart terre ciel

Grand corps d’argile aux seins sablonneux

Labyrinthe de tes mèches broussailles

 

Je décroche les pendus

Et les voilà qui renaissent

Dans tes champs de tourbe et de salaisons

 

Moi je voudrais être nue

Là où ta lumière danse

Je voudrais être ton levain d’amour

La calligraphie conjointe de tes courbes

Être sur tes côtes une vague endormie

Entre tes doigts le pli d’un paysage mûr

 

Oublier pour un temps

Les reptations aveugles

Des marées humaines


ce texte est extrait de Universelle, un essai inédit sur la Déesse Mère