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20/05/2013

l'oeil & la plume : Ouaf !

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texte de cathy garcia                                                                     collage photographique de jlmi 2013
 

Ouaf !

 

Les chats aboient

Les cadavres passent

La nuit se marre

Derrière son masque

Marquise des rues

En guenilles

Bondit féline

Lance un sourire

Aux étoiles

Aux passants

Et d’une bougie

Met le feu à la ville

Petite marquise

A déjà tant vécue

Princesse chenille

Ce soir encore

Les papillons rougissent

Ta bouche à colorier

Des papillons à semer

Mains moites

Gorges sèches

Petite marquise à demi-nue

Promène son ombre sur les murailles

Et les mâles tournent fous

Comme des chiens

Se disputent

Un os à ronger

Un os comme une flûte

D’où s’échappe une musique

Petite marquise au corps blessé

Tout doucement tu gémis

Tu souris, la musique

C’est juste dans ta tête

Les chiens sont partis

Regagner leurs lits

Leurs pantoufles

Leurs épouses

Des chiens d’hommes

Bien comme il faut

En somme

Si des gamines se donnent

Pour quelques sous après tout

Ils n’y sont pour rien

Une bonne nuit de sommeil

Et demain

Il n’y paraîtra rien.

 

16/05/2013

l'oeil & la plume : mordez Biches

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texte de cathy garcia                                                                               collage photographique jlmi  2013
 

Mordez Biches

 

Bouches mépris

Veines bleutées

Passe passe

Boyaux vidés

Quand les phares jouent

Dans les sous-bois

Pour quelques liasses

Les biches scintillantes

Aux abois

Sous les roues

Se précipitent

En guêpières résille

Rimmel et rouge gras

Fleurs des bas fonds

Reines silicone

Se graissent les ailes

Avalent et passent

Le venin

Bouches mépris

Veines poudrées

Battement de faux-cils

La griffe limée

Passe la faucille

Passe passe

Pile ou face

Et tombe la neige

Sur les mouroirs

 

14/05/2013

l'oeil & la plume : rêve en héritage

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texte & collage jlmi  2013
 

                  

Vieille bâtisse de campagne, ferme manoir en ruine, une vaste cour pavée de grès ceinte de plusieurs corps de bâtiment  . Pierre de taille à la couleur ci et là marbrée de rouille et de lichens vert de gris. Des huis croûteux, aveugles ou borgnes, aux persiennes  écaillées suspendues en vols immobiles. Parfois de lourdes portes aux bois patinés par les pluies et le vent, aux joints baillant contre la volonté de ferrures forgées en volutes. Vielles tuiles brunies aux toits laissant passer la lune au filtre des bras levés de poutres éclatées et de solives calcinées…

Décision de tout quitter pour s’y installer.

Emménagement dans le corps principal avec le peu de meubles disponibles. Du camping en attendant la réalisation des travaux nécessaires.

Un homme vient demander où mettre les vieilleries ? Dans la grange, grand et haut bâtiment extérieurement très endommagé, mais avec une petite porte latérale dans la partie la moins abîmée.

Il revient : " la porte cache une autre porte derrière laquelle …"

Cavalcade. Cette seconde porte donne accès à une immense pièce intacte aux murs lambrissés, jusqu’au très haut plafond, d'un bois précieux clair tout de ronds de bosses, piqué de candélabres de bronze aux globes d'un verre laiteux. Tout y est magnifique… immense. De plus en plus… Une lumière douce, irréelle, diffuse d'une verrière en coupole invisible de l'extérieur.  Extérieur ? Le mur n’est plus là que pour dissimuler… D'ailleurs est-il toujours là ? A-t-il jamais existé ? Les fenêtres délicates et élancées ne donnent sur rien... Elles sont là comme de somptueux miroirs

Au fond de cette pièce de cinq ou six cent mètres carrés, peut-être plus, difficile de dire, un escalier fantastique à la rampe sculptée d'une élégante mollesse enchâsse une porte monumentale ouvrant sur un large et long couloir. Dans ce labyrinthe déployé, des portes, profusion de portes… à chaque pas plus encore… Derrière chacune une pièce ou des escaliers vers les étages.  Autant de pièces, autant de musées…

La population voisine alertée arrive en masse pour visiter. Piller ? Impossible d’endiguer ce flot. Comment protéger ces merveilles ?…

 

Réveil !