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21/05/2013

l'oeil & la plume : Uluru

uluru2.jpg
texte werner lambersy                                                                                            collage photographique  jlmi  2013
 
 
 

ULURU 


or what says the didjeridoo 

 

You have a Uluru dreaming

The mountain painted red

For the world’s corroboree

 

You whom naked forefathers

And untraceable souls

Dream into being into shape

 

Into this trancelike sleep

The oblivion of death

 

You are Uluru’s dream-one

The holy mountain round

Like the sun’s eye on

The dead centre of the desert

 

And the moon in the cold

Unwinking nights of

The universe

 

Back when the borderless

Deep dreamed Uluru

Pregnant with aeons and ages

 

You are the splinter of glass

From the mirror whereto

The dead ones have gone

To ground who blindly

Dream you up

 

Musing their time away

Into the mirror of mirrors

Where the fables of nothing

Ness are all made up

 

You are this likeness of

A shape which absence

Has been hollowing out

Of the smouldering  fire

And the heavenly bodies

Spreading out into a womb

 

You are the shadow of

The shadow of one night

Like sand blossoming

Instantly under a stray

Shower and like ozone

In the wake of lightning

 

Uluru has dreamed you

Into being

 

Now you are dreaming

Of Uluru

 

Back here in Paris where

Man weighs too lightly

Ever to dream

The long-suffering stone

Dreams

 

Out there on the grey dry

Island Uluru lies sleeping

 

And here you lie asleep

Inside Uluru the bearer

Mother of the coppernail

Seeds of the sunsets

Across which you toss

A fretful shadow

 

Out there on the great rock

Where you are not a thing

Apart but an unsevered

Length of the umbilical

Chord of aeons as they go

 

Out there Uluru lies sleeping

Out your part of the founding

Covenant dreaming up

The main point

 

And its navel is a starry tunnel

To the all-soul of matter

And the moist eye of love

 

Listen you here in Paris

Where man has gone so deaf

That he needs books to throw

As life-belts into the din

 

Listen you

To what the didgeridoo

Is saying over there

 

As the man with his skin

Painted red for the seminal

Dance of the days

 

Tears out of the throat deer-

Like the deep mellow bell

And his breath spurts out

Like sperm into sound

 

Listen you for the evenly

Pounded beat of the feet

Of your brothers and sisters

In the lineal moving band

 

And for the dust settling

Back silently upon their

Footprints one galaxy

To the next like drums

 

As the drummers of light

Call each other out across

The forest of darkness

 

Uluru is within you and you

Are within the Uluru dreaming

 

In the native emptiness

That chaos first dreamed up

Out of nothingness

Here then in Paris where the sky

Is a back drop to the beauty

Of women and the air a sort of

Plinth to flaunt the champions

Of thrills 

 

Hear deep inside the song of

Uluru whose dream is both

The manly thrust

And the eternal egg-cell

Of each moment

 

For Uluru dreams their dreaming

Whom the spark of love

Has made lighter than the iron-

Clad warrior hampered with

The armour of his own death

And by his own frail knees

 

And so you nurse the thought of

Uluru right here in Paris

In the tree stirring under a flock

Of starlings

In a tomcat’s old wireless

As the purrs in the sun  

 

Or in the scarf of mist

Around the neck and down

The asphalt shoulder of the city

 

Uluru crops up wherever men

Dream of setting back to nought

The scores of hatred

 

The dead died for failing to do so 

 

You are Uluru’s dream who saw live

Being born

Like the faint wisps of recollection

Of a dream you just woke out of

And go on to tell the next man

 

Right here in Paris 

in Uluru’s

Aboriginal memory

You are as naked when you love 

 

As the reflection that flits across

The window-panes

 

And the cloud-one dancing

On the Seine

  

Then you tell yourself 

you are

Uluru 

 

Your penis 

is the didgeridoo

And your skin 

and the painted caves

Of your soul

Echo

That same sound and song

Recognized from beyond memory

 

 

 

English translation by Daniel De Bruycker

ULURU 


ou ce que dit le didjeridoo  

 

Tu as le rêve d'Uluru

La montagne peinte en rouge

Pour la danse rituelle des mondes  

 

Toi que des ancêtres nus 

Et des âmes sans corps 

Rêvent et envisagent  

 

Pour être dans les transes du sommeil 

Et non dans l'oubli de la mort  

 

Tu es le rêver d'Uluru

Montagne sainte et ronde

Comme l'œil du soleil

Au milieu de désert  

 

Ou la lune par les nuits

Froides et sans paupières

De l'univers  

 

Quand l'abîme sans bord

A rêvé qu'Uluru

Serait enceinte des cycles et des âges  

 

Tu es l'éclat de verre

Du miroir où se cachent

Les défunts

Qui te rêvent

Sans voir 

 

Eux qui songent

Au miroir des miroirs

Où se sont engendrés

Les mensonges du rien 

 

Et l'image d'un corps

Que l'absence

A creusé

Dans les débris du feu

Et la fuite

Utérine des astres 

 

Tu es l'ombre

De l'ombre d'une nuit

Comme soudain

Fleurit le sable

Sous l'averse ou l'ozone

A la suite de l'éclair 

 

Uluru 

T'as rêvé 

 

Et tu rêves 

Uluru 

 

Ici à Paris

Où les hommes pèsent si peu

Qu'ils ne rêvent jamais

Les longs rêves patients

De la pierre  

 

Là-bas dans la grande île sèche

Uluru dort 

 

Et tu dors

Dans Uluru la porteuse

Maternelle de l'ocre semence

Des crépuscules

Où tu agites

Ton ombre 

 

Là-bas sur la Grande Terre

Où tu n'es pas quelque chose

D'isolé mais un morceau non détaché

Du cordon ombilical

Des millénaires en cours 

 

Là-bas Uluru dort

à ta place

et remplit le contrat initial

de rêver l'essentiel 

 

Et son nombril est un tunnel d'étoiles 

Vers l'âme unique de la matière

Et l'œil humide de l'amour

 

Alors écoute ici à Paris

Où les hommes sont tellement sourds

Qu'ils ont besoin de livres

comme des bouées qu'on lance dans le bruit

 

Ecoute

Ce que là-bas

Dit le didjeridoo

 

Quand l'homme à la peau

Peinte en rouge

Pour la danse féconde des jours

 

Arrache de sa bouche

Le grand brame doux

Et la giclée sonore

Du sperme de son souffle

 

Ecoute ce que disent

Les talons bien rythmés

De tes frères et soeurs

Dans la chaîne de la genèse

 

Et la poussière qui retombe

En silence sur leurs pas

Comme d'un tambour à l'autre

Des galaxies

 

Quand les tambourinaires de la lumière

Se répondent par-dessus

La forêt des ténèbres

 

Uluru est en toi

Et tu es dans le rêve d'Uluru

 

Dans le sommeil des origines

Et du vide

Que rêve le chaos

Alors ici à Paris où le ciel est un socle

A la beauté des femmes

Et l'air un pavois où hisser

Les héros

Du frisson

 

Ecoute en toi la chanson d'Uluru

Dont le rêve

Et la force virile

Et l'ovule éternelle

De l'instant

 

Uluru dort du rêve de ceux

Que l'étincelle d'aimer

A rendu plus légers que l'hoplite

Embarrassé par l'armure

De sa mort

Et la fragilité des genoux

 

Alors tu poses la pensée

D'Uluru ici à Paris

Dans l'arbre qui s'ébroue

Sous un vol d'étourneaux

Dans le vieux transistor d'un matou

Qui ronronne au soleil

 

Ou l'écharpe de brume

Autour du cou et sur les épaules

En bitume de la ville

 

Uluru est partout

Où l'on rêve de remettre

Le compteur de la haine à zéro

 

Car les mots sont morts de ne pas l'avoir fait

 

Tu es le rêve d'Uluru

Qui a vu naître la vie

Comme un rêve dont celui qui s'éveille

Se souvient vaguement

Et raconte des bribes au suivant

 

Ici à Paris

Dans la mémoire

Aborigène d'Uluru

Tu es aussi nu lorsque tu aimes

 

Que le reflet qui passe

dans les vitres

 

Où le nuage danse

Sur la Seine

 

Alors dis-toi

Que tu es

Uluru

 

Que ton sexe

Est le didjeridoo

Que ta peau

Et les grottes peintes

De ton âme

Résonnent

Des mêmes sons

Reconnus immémoriaux

 

 

20/05/2013

l'oeil & la plume : Ouaf !

130419 ouaf.jpg
texte de cathy garcia                                                                     collage photographique de jlmi 2013
 

Ouaf !

 

Les chats aboient

Les cadavres passent

La nuit se marre

Derrière son masque

Marquise des rues

En guenilles

Bondit féline

Lance un sourire

Aux étoiles

Aux passants

Et d’une bougie

Met le feu à la ville

Petite marquise

A déjà tant vécue

Princesse chenille

Ce soir encore

Les papillons rougissent

Ta bouche à colorier

Des papillons à semer

Mains moites

Gorges sèches

Petite marquise à demi-nue

Promène son ombre sur les murailles

Et les mâles tournent fous

Comme des chiens

Se disputent

Un os à ronger

Un os comme une flûte

D’où s’échappe une musique

Petite marquise au corps blessé

Tout doucement tu gémis

Tu souris, la musique

C’est juste dans ta tête

Les chiens sont partis

Regagner leurs lits

Leurs pantoufles

Leurs épouses

Des chiens d’hommes

Bien comme il faut

En somme

Si des gamines se donnent

Pour quelques sous après tout

Ils n’y sont pour rien

Une bonne nuit de sommeil

Et demain

Il n’y paraîtra rien.

 

16/05/2013

l'oeil & la plume : mordez Biches

130419 mordez biches.jpg
texte de cathy garcia                                                                               collage photographique jlmi  2013
 

Mordez Biches

 

Bouches mépris

Veines bleutées

Passe passe

Boyaux vidés

Quand les phares jouent

Dans les sous-bois

Pour quelques liasses

Les biches scintillantes

Aux abois

Sous les roues

Se précipitent

En guêpières résille

Rimmel et rouge gras

Fleurs des bas fonds

Reines silicone

Se graissent les ailes

Avalent et passent

Le venin

Bouches mépris

Veines poudrées

Battement de faux-cils

La griffe limée

Passe la faucille

Passe passe

Pile ou face

Et tombe la neige

Sur les mouroirs