Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

08/01/2014

l'oeil & la plume : notre Oncle a passé les Monts

Ho Chi Minh post.jpg
texte de Hằng Phương                                                                                                                         ill. jlmi  2013
 

Ô lune, que ta clarté est belle

La voûte du firmament est plus vaste

Notre Oncle a passé les monts & les cols

 

Ses cheveux blancs sont un nuage

Qui, dans mille ans, sera dans notre ciel

 

Ses paroles nous disent

continuez la route

Lui s’en va laissant en nos cœur

une immense tendresse

 

 

* texte écrit à la mort de Ho Chi Minh en 1969

 

07/01/2014

l'oeil & la plume : la foire aux pères

pères2Bpostconstrast.jpg
texte de ronelda kamfer  courtesy la biennale des poètes                                                              collage jlmi  2013
 

 

Des pères, j’en connais des tas

Des qui bossent pas

des qui traînent dans la cour

des qui sont en taule à Polsmoor

des qui pioncent dans les caniveaux

des qui dorment le jour et travaillent la nuit

Des pères, j’en connais des tas

des qui détestent leurs enfants

des qui aiment un peu trop leurs filles

des qui battent leur femme

des qui délirent sans leur pinard

des qui n’ouvrent presque jamais la bouche

Des pères, j’en connais des tas

sauf celui que

je n’ai jamais vu


06/01/2014

l’œil & la plume : la révolte [ extrait ]

penny-illustrated-17-june-1871.jpg
texte de émile verhaeren 1895                                                               ill : the penny illustrated paper 17 juin 1871
 

 

La rage, elle a bondi de terre

Sur un monceau de pavés gris ;

La rage immense avec des cris,

Avec du feu dans ses artères ;

La rage, elle a bondi

Féroce et haletante

Et si terriblement

Que son moment d’élan vaut à lui seul le temps

Que met un siècle en gravitant

Autour de ses cent ans d’attente.

 

Tout ce qui fut rêvé jadis ;

Ce que les fronts les plus hardis

Vers l’avenir ont instauré ;

Ce que les âmes ont brandi,

Ce que les yeux ont imploré,

Ce que la sève humaine

Silencieuse a renfermé,

S’épanouit, aux mille bras armés

De ces foules, brassant leur houle avec leurs haines.

 

in les Villes tentaculaires 1895