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14/05/2013

l'oeil & la plume : rêve en héritage

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texte & collage jlmi  2013
 

                  

Vieille bâtisse de campagne, ferme manoir en ruine, une vaste cour pavée de grès ceinte de plusieurs corps de bâtiment  . Pierre de taille à la couleur ci et là marbrée de rouille et de lichens vert de gris. Des huis croûteux, aveugles ou borgnes, aux persiennes  écaillées suspendues en vols immobiles. Parfois de lourdes portes aux bois patinés par les pluies et le vent, aux joints baillant contre la volonté de ferrures forgées en volutes. Vielles tuiles brunies aux toits laissant passer la lune au filtre des bras levés de poutres éclatées et de solives calcinées…

Décision de tout quitter pour s’y installer.

Emménagement dans le corps principal avec le peu de meubles disponibles. Du camping en attendant la réalisation des travaux nécessaires.

Un homme vient demander où mettre les vieilleries ? Dans la grange, grand et haut bâtiment extérieurement très endommagé, mais avec une petite porte latérale dans la partie la moins abîmée.

Il revient : " la porte cache une autre porte derrière laquelle …"

Cavalcade. Cette seconde porte donne accès à une immense pièce intacte aux murs lambrissés, jusqu’au très haut plafond, d'un bois précieux clair tout de ronds de bosses, piqué de candélabres de bronze aux globes d'un verre laiteux. Tout y est magnifique… immense. De plus en plus… Une lumière douce, irréelle, diffuse d'une verrière en coupole invisible de l'extérieur.  Extérieur ? Le mur n’est plus là que pour dissimuler… D'ailleurs est-il toujours là ? A-t-il jamais existé ? Les fenêtres délicates et élancées ne donnent sur rien... Elles sont là comme de somptueux miroirs

Au fond de cette pièce de cinq ou six cent mètres carrés, peut-être plus, difficile de dire, un escalier fantastique à la rampe sculptée d'une élégante mollesse enchâsse une porte monumentale ouvrant sur un large et long couloir. Dans ce labyrinthe déployé, des portes, profusion de portes… à chaque pas plus encore… Derrière chacune une pièce ou des escaliers vers les étages.  Autant de pièces, autant de musées…

La population voisine alertée arrive en masse pour visiter. Piller ? Impossible d’endiguer ce flot. Comment protéger ces merveilles ?…

 

Réveil !


11/05/2013

l'oeil & la plume : mémoire de sable

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texte & photo jlmi  2008
 

 

Je suis là depuis des millénaires, je pourrais même dire depuis l’origine du monde. Pas le monde des hommes, si jeune, si puéril !

Non. Le monde minéral, celui de la concrétion d’après le grand barouf. Paf ! Boum !

Bien sûr, je n’avais pas la forme que j’ai aujourd’hui. Comme tous mes camarades de l’époque d’ailleurs. Nous étions tous très... unis. Nous étions même inséparables !!! Puis le temps a fait son œuvre, il nous a séparés, aidé en cela par ceux d’entre nous dont la nature était d’être fluides et ceux qui, dans un tel état d’excitation pour se faire une place à la surface, atteignaient la fusion avant de rejoindre les grands courants ascendants du magma.

Enfin, tout ça est tellement loin que je ne me souviens plus bien de tous les détails. Toujours est-il que l’érosion m’a donné une vie propre, en cela qu’elle m’a permis de voyager en banc de myriades de grains assemblés pour de grandes transhumances conduites par l’eau ou le vent.

Aujourd’hui, je m’étale en une longue et belle plage blanche et rose  entourée de mes parents chenus, ces somptueux blocs de granit rose aux formes arrondies que vous ne pouvez manquer d’apercevoir lorsque vous venez me rendre visite. Dans leurs jeunesses, vous auriez dû les voir, hauts et pointus, défiant le ciel et ses nuées. Plus de dix mille mètres. C’était quelque chose. J’avoue que maintenant ils font bien leur âge, ils souffrent d’arénisation. Tant mieux d’ailleurs ! Sans cela je ne serais pas là !!! Je m’égare, excusez moi, mais je n’ai que ça à faire…

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09/05/2013

l'oeil & la plume : Aujourd'hui je descends dans la rue

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texte de murièle modély                                                                                                                   photo jlmi  2012
 

Aujourd'hui je descends dans la rue  

 

Il faut bien travailler

Le trottoir est mouillé

Et devant mes yeux pris

Il pleut

Le ciel écrit en morse

Le jour faux qui s'amorce

point tiret point tiret

Il faut bien travailler

 

/

 

Je marche à deux à l'heure

Je suis la fille lente

à la langue pointue

Un claquement aigu

qui décrypte l'averse

point tiret

point tiret

Le mot FEINDRE, et après ?

 

/

 

Eh ! Je ne suis pas seule

Mais oui ! Regarde

la foule qui déboule

Cette morve qui coule du haut

des escaliers aux portes du métro

point

tiret

point

Le mouvement qui baise

dans sa chute sans fin

 

/

 

Dans la rue, sous la pluie

Il y a ces parapluies

où chacun crée son monde

où chacun fait semblant

Dans la rue, sous la pluie

Il y a les mots qui tombent

L'encre noire du ciel

au sol illisible

tiret

tiret

Il n'y a que le poing

pour déchirer la nuit