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12/02/2017

l'oeil & la plume... quête

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texte de bruno toméra                                                                                                                    ill. jlmi  2017

 

 

Puis la passion de st Matthieu quand Bach
Tord sa baguette sur ma bouteille d'alcool
Où je loge ce bobard solitaire que je me distille
Sous la nuit bleu pétrole avec ce ticket de caisse
De la vie dans le ventre vide d'un vieux sac
De supermarché s'enfuyant affolé au travers de la ville,
Ce sans vous, ce sans ils, cette bile acide au gris matin
Sur mes chaussures faisandées,
Fais longtemps que j'ai pas tiré un coup
Dans le kleenex immaculé des poètes enrhumés,
Nettoyer ses rides devant le miroir fêlé de la prestance,
Allumer la énième clope, cracher quelques éponges,
Chauffer le sénile diesel et foncer
Pare-choc contre pare-choc
A cinquante et un kilomètres heure
dans le tohu-bohu bohu de l'existence
Vers l'impérieuse quête du saint Graal
De l'amour inventé sur des guibolles fermes et blanches
Pour s'abreuver au néant de la biologique nécessité
d'une chatte bien chaude,
Et c'est pas gagné.

 

 

 

10/02/2017

l'oeil & la plume... plus fort que le blizzard

plus fort que le blizzard.jpg

texte de Anna de Sandre                                                                                                                  ill.jlmi 2017



Au commencement,
J’ai mal pris
Les fatigues de Maman :
Quand je rentrais
De l’école,
Elle faisait toujours la sieste,
Mais Papa la regardait
Comme s’il voulait la dessiner.

Un jour, il y a eu de la gêne
Sur le visage de Papa,
Et j’ai dû céder ma chambre
Qu’il a repeinte
En une semaine,
Puis décorée en un week-end.

C’est qu’au printemps
Étaient tombées
D’incroyables giboulées –
Une bille de glace
S’était logée
Dans le ventre de Maman.

Elle est ronde
Et même énorme :
Dedans il y a
Un petit bonhomme
Qui attend le bon moment
Pour nous faire fondre
Et prendre ma place.

paru dans la revue Nouveaux Délits n°56

 

 

07/02/2017

l'oeil & la plume... de l'autre côté du tirloire

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texte de isabelle le gouic                                                                                                          collage   jlmi  2014

 

En cette frisselière journée du mois de narcicédille, Jeanjean aroubissait lentement sur la route borsifiée de grands tronchênes enlaçés. Les roues de sa lonchenille scouintaient tintillamment et raffrénaient sa pargession.

 

Au détour d'un tirloire, Jeanjean visuffla une chimière perchopée sur une brolline. Lursieux, il quitta la chemie principale et s'engafoula sur un serpinentier étroit. Il visufflait de loin la casetière d'où s'échirlait une épaisse estouffinade. Les narines de Jeanjean se rissaient à chaque époumation. Il n'était plus qu'à donze décipas de la chimière. Blâché derrière un immense tronchêne, il desgourdit de sa lonchenille, l'adossa au bron et se galancha dans l'herburage humide. Rien ne clissait, pas même un fafellement de mouche.

 

Après viz bonnes répinades, galanché dans la bourdière, Jeanjean se rebuqua glissivement, se friga virulement les digitoires et aroubissa vers la casetière. On n'échointait toujours pas la moindre clissade et Jeanjean s'intergrugea sur la trépence ou non de bonomidés. Il claquetta à la vistule, attendit une courte répinade, et débucla fissamment l'operclude.

A sa grande surbitude, il visuffla un couple de borluques assoupis. Dans un brouffin, tout près de ses bargans, dodofallait un borluquet. Une bollicieuse estouffinade de siandre aux lampignards s'échirlait dans la chimière. Les groix bonomidés ne se déclurent pas un instant de la trépence de l'estraclé à leurs boltrés.

Pendant qu'ils dodofallaient, Jeanjean s'esclipa dans la chandrine voisine et chaffourgna dans la lomogne en bois de tronchêne, tirleton après tirleton, puis il souleva le batoula du droc à balfraguand où il griba un rétignable prégord  dans le grommier : Groix bracadets en roncille, breux alludines en doc de cille, viz rouloques triclées de céphir et quelques claisses de roncille et d'agréban  en doire à col de gerte. Jeanjean se gargucha les padoches jusqu'au bloc et s'esclipa de la chimière à toutes lambades. Il se drua jusqu'à sa lonchenille et dispaga derrière le tirloire.

 

C'était une belle brancolte pour lui. Il était vahiaire de son caribolage et avait le sourire jusqu'aux ourlières. Quelques décimades plus tard, il fourperait les bracadets à son tontord Hector qui tient un madraguin d'andigues et de jateaux. Les alludines en doc de cille visèreraient sa frasine Léonne. Quant aux rouloques, ils les banqueriserait à Gaston et Alban, des briguedands qui reclendaient la roncille et l'agréban.

 

Pendant ce tournevent, le couple de borluques sortit de son dodofallement et visuffla avec esbroi les tirletons écharbis de la chandrine et le batoula du droc tout regourné. Ils gébrirent, poussèrent des ruques aigus par la vistule mais c’était déjà trop estardi. Le cambronneur avait disperdu dans la vatoire.

 

Jeanjean perniffla plus tard à Hector et à Léonne qu'il avait rabulé tous ces jolicadilles au pied d'un tronchêne en se ballassant. Il garda toute sa vie la vrédigable histée de ce caribolage pour lui.