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25/05/2014

l'eoil & la plume : mais qu'est ce que je fous là ?

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texte bruno toméra                                                                                                                           ill.  jlmi  2014

 

 

Vous êtes là à bavarder avec de vieilles connaissances

ou d'obscures collègues du beau temps et surtout de la pluie,

du dernier trop long métrage très " in ", de ces chansonniers

si engagés et généreux chantant pour les restos du coeur...

D'un écrivain tenace à patauger dans le merdeux hit parade littéraire,

de ce poète enseveli réintégré contre sa volonté dans l'actualité

de l'anniversaire de sa naissance ou de sa mort. Amen.

De votre normalité si complaisante soit elle,

de votre libido en phase avec les trois quart de votre entourage

( ce qui n'est pas un exploit...)

D'une telle si garce, d'un autre si benêt,

de la dernière info lyophilisée,

du prochain match de l'équipe de France,

de la montée des eaux et des descentes aux enfers,

de l'infâme agression des barbares,

du désir sécuritaire, du peureux frisson de l'existence,

du visage de l'économie mondiale,

du prix au kilo de faux-filet,

du malheur planifié des uns

et de la félicité matérielle des autres,

du grand complot des puissants

   - Et que nous on y peut rien, mon brave monsieur...

Vous êtes là avec votre valise de phrases toutes faites,

signe d'intégration

et tout à coup vous vous sentez aspiré par un vent

qui souffle, qui souffle, une bourrasque qui vous emporte

vers d'étranges destinations,

plus rien ne vous retient aux amarres

surtout pas les neutres banalités qui s'empilent

plus connes les unes que les autres.

Une enseigne lumineuse clignote

dans votre cerveau avec inscrit

   " Mais qu'est ce que je fous là ?..."

triste figurant du vaudeville humain.

   " Mais qu'est ce que je fous là ?..."

Cette interrogation comme une poignée de porte

qui peut être ouvrirait le coffre fort

du bonheur et de toutes les pétillantes questions

de la tonitruante humanité.

On franchirait bien ce pas de porte.

On est bien trop lâche.

Le vent s'adoucit et nous dépose enclume

dans le sérieux revenu des parlottes.

De toute façon, nous ne sommes pas doués pour le bonheur

et peut être que le bonheur ne veut pas de nous.

De peur qu'avec nos drôles de manières

nous ne le transformions en malheur.

Je crois qu'il a pas tort.

 

23/05/2014

l'oeil & la plume : sommet d'où jeter son pinceau ( fragment II )

fragilité.jpg
texte de werner lambersy                                                                                      illustration x

 

 

Je sens en moi

Le vieil arbre solitaire

Au milieu d’un parc abandonné

 

Je n’ai cesse

D’ébranler l’azur endeuillé que

Secouent ma sève

 

Et une fièvre de feuilles prêtes à

Tout quitter pour

Savoir

 

Malgré vents manouches pluies

Souvent menteuses

 

Mais surtout tant de pendus dont

Le foutre en pure perte

Tombe à terre

 

Avec son odeur d’algues d’océan

Et d’écume inutile

 

Tandis que la foudre

Brûle ce que nuit ni soleil

N’ont pu donner sans le reprendre

 

22/05/2014

l'oeil & la plume : complainte des mendiants de la Casbah & de la petite Yasmina tuée par son père ( fragment VI )

casbah IIsépia.jpg

 

 

Mais le ventre plein, les enfants de Charlemagne

Chantent une chanson

Une chanson qu'on apprend à l'école

 

Une fleur au chapeau

A la bouche une chanson

Un coeur joyeux et sincère

Et c'est tout ce qu'il faut

etc

 

Ah!

Il faut les voir le Vendredi en file

Indienne

En file

par autre

Dans les rues et dans les maisons, ramasser à la queue-leu-leu

Les pépites

De leur misère dans la boue des

Consciences

Piocher dans le bronze des coeurs un

Peu

De cette poussière de métal dont ils tapissent la peau de leurs

Estomacs

Pour les faims futures

Les mendicités se cultivent au

Fumier du Veau d'Or

Et

Se

La-

Bou-

Rent

Au soc de l'indifférence.

Ah ! gens d'enfer et de potence et du Vendredi

Que vous achetez au bazar

Du Bon Dieu

Et du remords reconnaissant

Huile d'olive laissée pour compte que vous videz goutte

A goutte

Sur les boulons de votre mécanique à produire de la simili-pitié

Goutte

A

Goutte

Larme à

Larme que vous repompez dans les sébilles

Des pauvres et les tirelires des petits enfants que vous écrasez

Du gros rire de vos

Camions

 

Ah! Hyènes et chacals

Il vous faut un jour à l'eau bénite

Dans une semaine

Païenne

Pour laver les guenilles et raccommoder les hardes de votre

FRATERNITE

Un jour

Clair

Pour la promenade de vos bons sentiments

Condamnés

A la réclusion perpétuelle dans les cachots de vos bêtises et de vos

Egoïsmes.

Je vous insulte

Hyènes et chacals

Quand passe à portée de ma voix la fenêtre

Par laquelle

Vous jetez votre argent aux troubadours de vos

Plaisirs

En

Piétinant les petits chanteurs sans voix

De la charité de la jambe

de bois sculpté

dans l'arbre de la

Stupidité

Je vous insulte

Braves gens

repus

cossus

A tous les modes de tous les temps

Pour vos largesses de dindons carrossant sur la roue

Et votre petitesse

De passants à la besace pleine et cadenassée par le

Fil de chanvre

Sale

Des harpagons de la cité

 

Je vous insulte

Hyènes et chacals pour ce jour propre

Au milieu de tous les jours

Sales.

 

Je vous insulte

Hyènes et chacals

Au nom de la Semaine de bonté

 

 

(d'après, Editions Bouchène, Alger, 1987. N° d'édition 001/87. Dépôt légal 1er trimestre 1987. Re-publié  par le n°10 de la revue Albatroz, Paris, janvier 1994).

 

Source   http://albatroz.blog4ever.com/ismaal-aat-djafer-complaint...