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09/02/2014

l’œil & la plume : une saison en enfer

Arthur Rimbaud pluie de lettres sur l'aquarelle de jl forain.jpg

pluie de lettres sur l'aquarelle de jl forain                                                       collage jlmi  2013

Arthur Rimbaud, Une saison en enfer, April-August 1873.jpg

Arthur Rimbaud, Une saison en enfer, avril-août 1873

 

 

 

 

 

 

1 - remarche (ou marche) : en surcharge, à la place de
     "reprend".
2 - les : en surcharge, à la place de "ses".
3 - a poussé : dans l'interligne, à la place de "monte", biffé.
4 - terre : en surcharge, à la place de "bas".
5 - C'est dit, : ajouté dans l'interligne, probablement
     pour être inséré après "donc".
6 - [..] : mot illisible.
7 - [mon dégoût(?) et mes trahisons supérieures et ?] :
     syntagme partiellement indéchiffrable ajouté
     dans l'interligne.
8 - les coups : ajouté dans l'interligne.
9 - et des sens dispersés : en surcharge, par
     dessus un groupe de mots illisible.
10 - À quel démon me (louer) : on lit dans l'interligne
     "je suis à" (louer) sans que la leçon précédente soit
     biffée.
11 - Quelle : on lit un "à" sous ou sur le "Q" de "Quelle".
12 - éviter : semble surchargé par un mot illisible
      ("souffrir" ?).
13 - la stupide justice. de la mort : "la stupide justice."
      semble remplacer "la main (biffé) bruta (surcharge
      "stupide" ; la dernière syllabe manque) de la mort
      (qui n'a pas été biffé)".
14 - les : en surcharge, à la place de "ma".
15 - [...] : mot illisible ("aujourd'hui" ?).
16 - aux : en surcharge, à la place de "dans les".
17 - la dure vie : semble avoir été ajouté dans
       l'indentation de l'alinéa.
18 - [...] : illisible ("Je ne vieillirai pas" ?)
19 - dangers : surcharge un mot illisible (terreurs ?)
20 - O mon abnégation, o ma charité inouïes : Rimbaud
      a d'abord écrit : "A quoi servent mon abnégation et
      ma charité inouïes mai " puis a biffé le verbe et les
      connecteurs logiques pour obtenir une phrase
      nominale, en remplaçant les éléments supprimés
      par les interjections.
21 - je suis bête : devant "je", un "que", biffé.
22 - la : on voit très distinctement "les", semble-t-il
      corrigé en "la" ; "punitions" est au pluriel.
23 - gronde : en surcharge, par dessus un mot illisible
      ("brule" ?).
24 - Où va-t-on : en surcharge, par dessus "Sais-je
      où je vais".
25 - avancent : après ce mot, on lit "remuent", biffé.
26 - les autels, les armes : les "s" de pluriel sont absents
      ou peu marqués.
27 - Qu'on me : en surcharge, par dessus un mot illisible.
 








 

Oui c'est un vice que j'ai...

 

   Oui c'est un vice que j'ai, qui s'arrête et qui remarche1 avec moi, et, ma poitrine ouverte, je verrais un horrible cœur infirme. Dans mon enfance, j'entends les2 racines de souffrance jetée à mon flanc ; aujourd'hui elle a poussé3 au ciel, elle est bien plus forte que moi, elle me bat, me traîne, me jette à terre4.
   Donc [C'est dit, −]5 renier la joie, éviter le devoir, ne pas [...]6 au monde [mon dégoût(?) et mes trahisons supérieures et ?]7, la dernière innocence, la dernière timidité.
   Allons. la marche ! le désert. le fardeau. les coups8. le malheur. l'ennui. la colère. l'enfer, la science et les délices de l'esprit et des sens dispersés9
   À quel démon me10 louer ? Quelle bête faut-il adorer ? Dans quel sang faut-il marcher ? Quels cris faut-il pousser ? Quel mensonge faut-il soutenir ? Quelle11 sainte image faut-il attaquer quels cœurs faut-il briser ?
   Plutôt, éviter12 la stupide justice. de la mort13, j'entendrais les14 complaintes chantée [...]15 aux16 marchés. Point de popularité.
la dure vie.17 l'abrutissement pur, et puis soulever d'un poing séché le couvercle du cercueil, s'asseoir et s'étouffer. [...]18 pas de vieillesse. Point de dangers19, la terreur n'est pas française.
   Ah ! Je suis tellement délaissé, que j'offre à n'importe quelle divine image des élans vers la perfection. Autre marché grotesque.  
   O mon abnégation, o ma charité inouïes20. De profundis, domine ! je suis bête21 ?
   Assez. Voici la22 punitions ! Plus à parler d'innocence. En marche. Oh ! les reins se déplantent, le cœur gronde23, la poitrine brule, la tête est battue, la nuit roule dans les yeux, au Soleil.
   Où va-t-on,24 à la bataille ?
   Ah ! mon ami ! ma sale jeunesse ! Va..., va, les autres avancent25 les autels, les armes26.
   Oh ! oh. C'est la faiblesse, c'est la bêtise, moi !
   Allons, feu sur moi. Ou je me rends ! Qu'on me27 blesse, je me jette à plat ventre, foulé aux pieds des chevaux
   Ah !...
   Je m'y habituerai.
   Ah ça, je mènerais la vie française, et je suivrais le sentier de l'honneur.

 

 

 

Source   http://abardel.free.fr/tout_rimbaud/brouillons_de_la_sais...

grand merci à abardel !

 

 

08/02/2014

l'oeil & la plume : il y a ceux...

coupleîle 02contrastcoloriz.jpg
texte de bruno toméra                                                                                                                collage   jlmi  2014

 

Il y a ceux 

qui se pétrifient dans des lits qu'on croirait des radeaux

échoués sur des interprétations inachevées

quand le monde tempête l'inexprimé

Il y a ceux engloutis

par des nuits froides

qu'elles gèlent toutes paroles

on ne les entend jamais

et ils s'en foutent de toute façon

Il y a ceux qui voudraient couper le fil des jours

mais ils ont peur de dégringoler

ou peur de s'envoler

Il y a l'autre qui

boit une bière en boite

en matant le cul des filles comprimé dans des jeans rapiécés

et se dit que l'amour ne sait autant se déhancher

Il y a Eliana qui

du haut d'une tour HLM

suspend ses grimaces à l'intérieur d'une vitre

et elle voudrait traverser son reflet

Il y a un très vieux souriant

qui regarde jouer les enfants

en se disant qu'il va être temps

de lâcher le guidon à ces jeunes remplaçants

Il y a Elle ondulante sur une piste de danse

qui s'exerce à combler le vide des sentiments

avec un peu de prestance elle sera au top

dans la mise en scène des apparences

Il y a un fou à Varsovie

qui frotte le flou des morceaux de sa vie

dégoulinés de ses lunettes embuées

il écrit le télégramme de son existence

avec l'encre de la dernière pluie

Il y a elle il y a lui

qui se tiennent serrés dans un coin de la nuit

quand la multitude vous est hostile

le nous est une île

où il est bon de se reposer

Il y a vous, il y a moi

Il y a ceux qui ne savent de chez eux

que le bord d'eux même

et ne le franchiront jamais

 

06/02/2014

l'oeil & la plume : vu d'ici

puitsoeil01contrast.jpg
texte de werner lambersy                                                                                                             collage  jlmi 2014

 

 

Vu d’ici

rien n’indique

la profondeur du nuage

 

vu d’ici

rien n’indique

la profondeur des cieux

au-dessus des nuages

 

vu d’ici

rien n’indique

la profondeur des nuits

au-dessus du ciel

 

vu d’ici

rien n’indique

la profondeur de l’œil

qui regarde

 

in  Comme s'agitent les seaux au plus profond d'un puits  inédit  2013

merci à cg pour la photo du puits de ciel