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17/01/2014

l'oeil & la plume : un jour de nuit tordue

jack micheline01contrastrecadrpostcolorized03.jpg

texte de jack micheline  1958                                                                                                     collage  jlmi 2013

 

Je veux du vin

les cailloux

dans ma tête

ne se transformeront pas en pain.

Aujourd’hui, c’est mon anniversaire

cinquante-six ans

et tout ce que je possède

c’est une poche vide.

Ma vieille figure de poivrot

est toute vérolée et balafrée.

Je tremble méchamment

de tous mes membres

dans cette foutue brise glaciale.

Ai voyagé loin

avec des centaines de guitares

la petite musique dans mon crâne

vacille et s’éteint

Me suis traîné sur une béquille

sur plus de dix mille kilomètres

à chercher des sourires

à fredonner des mélodies

pâtée pour chien

couteaux de cuisine

néon éblouissant

dans le fauteuil d'un coiffeur.

Mes gosses sur la route

depuis très longtemps

et ma femme

complètement dérangée

depuis tant d'années.

Le bleu du ciel c'est à travers

des picrates rouge sang

que je l'ai regardé

désir vampire

vivant ma vie

avec le Christ.

La mort m'a pourchassé

ici et là.

La vie en moi

s'éteint vite.

Faut que je me colle à la route

la route

la route

tirer sur mon mégot

c'est toujours trop long

quand je suis parti

parti

parti

Aujourd’hui c’est mon anniversaire

et le blé ne va pas

pousser dans ma tête

je veux du vin

du vin…

du vin.

 

in un fleuve de vin rouge & autres poèmes ed dernier télégramme 2013 trad Alain Suel

mis en ligne en 2005  http://academie23.blogspot.fr/2005/11/un-pome-de-jack-mic...

 

 

 

 

15/01/2014

l'oeil & la plume : intérieur zones

 
 un texte de denis heudré
 

14/01/2014

l'oeil & la plume : dans l'espoir de l'image...

 
Dans l espoir de l'image grues cendrées japon 02.jpg
texte & illustration   jlmi  2014

 

 

… dans les transparences lumineuses d’un début de flaque,

elles étaient là,

dressées,

inaccessibles,

tel le silencieux vacarme d’une averse lente,

engourdies dans l’interminable des mots.

 

Elles étaient là,

calligraphiées par les gouttes de pluie

à la surface de ces multitudes illusoires,

décalages transparents de lointains crépusculaires,

méditations fragmentaires des écroulements onctueux d’après l’avenir. Puis…

 

Luxuriance pitoyable et soigneuse de la monotonie,

froide compassion aux coins d’ombre matelassés.

Un plein sac de silence à prise rapide

répandu sur des morceaux de paroles et de rêves

gorgés de ténèbres depuis presque toujours. Puis…

 

Dans l’épaisseur du moment

passer par l’entaille de la lenteur

entrer dans l’espace noir

vaguer de songes de sel en vertiges quantiques

chaleur de pierre aux creux des mains

traverser l’instant de nulle part,

par toutes les horloges parcellaires de nos temps incertains,

s’insecter au gluant de l’écran géant de la vie

corps rongé à l’acide des jours,

dire ces mots qui restent dans la bouche

en un cri écroui comme clou tordu . Puis…

 

Se laver les mains dans un nuage

pendu à la peau sale du ciel

 

dans l’espoir de l’image…  

      

 version texte 2014