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20/01/2014

l'oeil & la plume : poème sur la mort d'un monastère de banlieue (fragment I )

Nam June Paik - 1994 - Reclining Buddha.jpg
texte de D.A. Levy  1968                                                                        ill. Nam June Paik - 1994 - Reclining Buddha
 

 

Je suis un contribuable
& un scorpion
& un poète je n'ai pas besoin des drogues
je voulais seulement faire comme tout le monde
& tous ceux que je connaissais prenaient des drogues
& tous ceux que je connaissais lisaient le Village Voice
& chouchoutaient leurs troubles psychosomatiques
rien que pour avoir des pilules
n'importe quelles pilules
que faire d'autre ?
la télévision ?
se branler sur les spots publicitaires
bobonne qui te broute la braguette
pendant les publicités alimentaires
GROUILLEZ-VOUS D'ALLER PISSER AVANT QUE LE FILM RECOMMENCE
la télévision qui te broute la braguette
jusqu'au retour de bobonne

la télévision - en voilà encore une de drogue
bonne vieille vie de banlieusard
pourtant, je suis content qu'ils aient voté les lois
beaucoup trop de jeunes mômes essaient de me brancher
des gamines veulent me rendre visite
avec de l'herbe - elles m'écrivent des lettres
désirent être mes amies
des chasseurs de célébrités qui veulent visiter
l'ashram de poésie du coin -
connerie de merde !
j'ai l'impression d'être un film underground
brûlé par Savonarole

je suis toujours à la recherche
d'une reine loyale et bandante
qui sache jouir dans sa tête
et qui me laisse jouir avec elle

 

“Poème sur la Mort d'un Monastère de Banlieue”, Station Underground d’Émerveillement Littéraire, Berguette, 1993. ISBN 2 909834 11 5 (traduction Lucien Suel)

 

19/01/2014

l'oeil & la plume : étrange cimetière à Jamaïca ( fragment )

cimetière jamaica kerouac 4Brec.jpg
texte de jack kerouac                                                                                                                collage   jlmi  2014

 

 


La nuit commence à tomber

Je ne suis pas inquiet

La pluie approche

Plus près

--- Des trous partout ---

Une vielle tombe mystérieuse

retournée par des voleurs peut-être, pour

prendre à Madame O’Merde le coûteux

Clip en Porcelaine de cravate en dentelle

sous sa verte moue de dédain --- ou pour

des pièces d’or, comme des Pirates,

ils ont agité des lanternes & tué des 

Indiens & se sont soûlés dans de vieux

Corbillards  roues fines Agence des

Chemins de Fer Express & vides à

l’intérieur ---

Oh bon, je ne sais pas de quoi

je parle parce qu’il n’y a

rien à dire à propos du Néant

--- C’est pourquoi je suis assis

dans un cimetière et joute avec

les gens sous terre pour voir

qui peut être le plus tranquille

& détaché & équanime,

voilà pourquoi --- Alors soiffards, &

buveurs de bière du samedi après-midi,

vous pouvez crever près du vieux crachoir

--- Quand ce réservoir explosera dans

l’Apocalypse des démolisseurs de Monde

appointés Oppenheimer, vous n’aurez plus

besoin de cimetière

---    & peut-être que tout simplement

je crois à la mort

& m’en tiens à Whitman

le vieil Amoureux à Barbe Blanche

de Long Island

mais je ne vise pas à faire        

ses vœux passionnés & ses excentricités gauloises ---

J’ai ma propre

Castration

A désavouer 

et la sienne à  Vouer ---

Ou quelque chose comme ça,

Je m’en fiche complètement

 

Plus de poèmes du pauvre Jack

Qui a disparu juste à temps

Avant que la forme ne puisse le réclamer

Et transformer son essence en désastre

 

L’Essence produira

  Sa tranquillité

Les morts sont tout aussi contents

  Que moi

C’est mon Samadhi du Cimetière

Septembre Cinquante Qatre

Ordre du Monde pfft

Fini ---

 

        Il n’y a rien que je veuille

        Si ce n’est rien

 

 

in            Dharma       Livre III

 

18/01/2014

l'oeil & la plume : le moine a quatre-vingt-sept ans

moinebambourecadrsmallb&wcontrastpost3.jpg
texte de jim harrison                                                                                                             collage  jlmui  2014
 

 


Le moine a quatre-vingt-sept ans. Ses pieds n’ont plus de graisse pour se défendre des pierres.

Il a oublié son chapeau, plus large depuis quelques années.

Près du ruisseau il voit une femme rencontrée cinquante étés

plus tôt, toujours jeune fille pour lui. Une fois encore ses mains

tremblent lorsqu’elle lui tend une timbale d’eau.


in l’éclipse de lune de Davenport & autres poèmes 1996