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22/09/2013

l’œil & la plume : aujourd’hui c’est dimanche chant 1

130915 aujourd hui c est dimanche01.jpg
texte de isabelle le gouic                                                                                                           photocollage jlmi 2013
 

Quand mes cellules explosent,

quand ma raison s’abolit

sur le lit d’un billard,

quand les dés semblent jetés

sur la jetée du hasard,

 

Quand je me sens mal armée,

ma manche retroussée

jusqu’aux bras de Morphée

qui me donne la dose,

je traverse la Manche

et je file à l’anglaise.

 

Mon cathéter, mon tunnel sous la Manche,

ne me dit pas : T’as qu’à te taire,

alors, ma prose émigre

sur mon papelard de cellulose.

Ma soif d’écrire n’est pas étanche.

Welcome in my brain swimming !

 

Quand mes cellules explosent,

je cause, je cause,

sur mon papelard de cellulose.

Je file à l’anglaise.

Why ? Because,

to be or not to cause.

I have seen mon spleen.

I have been pas tout rose.

To be or not to cause,

j’expire, j’explose.


( à suivre )


 

20/09/2013

l’œil & la plume : nous regardons...

nous sommes inexcusables.jpg
texte de bruno toméra  2005                                                                                                           toile jlmi  2004
 


Nous regardons les corps déchiquetés et sanguinolents
Nous regardons la souffrance comme une part de la nécessité
Nous regardons les portes grinçantes des gagne-pain se fermer
Nous regardons le nombre anonymes de virés
Nous regardons les faits mais pas les causes...
Nous regardons l'information fragmentée et sponsorisée
Nous regardons les scénarios d'espoir moqués
Nous regardons avec fierté le design des bombes high tech
Nous regardons la programmation de l'anéantissement de nos rêves
Nous regardons l'individu sacralisé sans les autres
Nous regardons les beaux parleurs remuer les lèvres
Nous regardons la vacuité se proclamer " star " etc etc...
Nous regardons le religieux re-salé la soupe de l'ignorance
Nous regardons les trophées de la tortures des animaux
Nous regardons les sourires mielleux des annonceurs de misères
Nous regardons les journalistes en costume de Monsieur Loyal
Nous regardons l'air étouffer et l'eau pleurer nos déchets
Nous regardons les écrans imbéciles se trémousser
Nous regardons le narquois contentement du mensonge
Nous regardons les droits de l'homme conspués
Nous regardons la morale méprisante des intellectuels médiatiques
Nous regardons les êtres vivants déniés
Nous regardons le vivant comme si nous étions hors de lui
Nous regardons mais nous ne voyons rien
Nous sommes inexcusables.


18/09/2013

l'oeil & la plume : j'oublie de la regarder

la regarder.jpg
texte de gabeba baderoon courtesy biennale internationale des poètes du val-de-marne           photocollage jlmi 2013
 

La photo de ma mère à son bureau des années 50

est dans ma bourse depuis vingt ans,

le papier brunâtre se décolore,

le bord festonné s’est recourbé puis redressé.

 

Le col de sa robe est discrètement croisé.

On pourrait croire qu’on l’appelle au loin,

par l’angle que fait son cou.

 

Elle était la première de la famille à prendre

le bus de Claremont

qui monte la colline pour se rendre à l’université.

 

A un moment pendant les cours à l’école de médecine,

les étudiants noirs devaient ranger leurs affaires, se lever 

et quitter l’amphithéâtre en longeant les rangées de pupitres.

 

Derrière la porte close, lors d’une autopsie,

les étudiants noirs n’étaient pas censés voir

la peau blanche mise à nue et découpée.

 

Sous le couteau, sous la peau,

mystère de la ressemblance

 

dans un monde qui définissait comment noir et blanc

pouvaient se regarder l’un l’autre, se toucher,

ma mère regarde en arrière avec un aplomb intact.

 

Chaque fois que j’ouvre ma bourse,

elle est là, si familière que j’en oublie

de la regarder.