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16/11/2013

l'oeil & la plume : opsimath fragment I

wlsepia.jpg
texte de werner lambersy                                                                                       collage  jlmi 2013
 

La plus haute

Marche d’un mot

N’est jamais la dernière

 

Mais

Celle où commence

La première de l’escalier

 

A vis où

Monter sans voir devant

 

Ceux qui portent

Les premières pierres du

Poème 

 

Et la poussière

Dont s’entoure le silence

 

La plus haute

Marche d’un mot

Est un pas solitaire vers

 

Ce qui n’a

Sommet ni début

Et seulement la musique

 

13/11/2013

l'oeil & la plume : l'autre jour au métro des Arènes

Mulm arènes02Bb&wpartiel.jpg
texte de murièle modély                                                                                                                 collage  jlmi  2013
 

L'autre jour au métro des Arènes, deux filles plutôt bien gaulées, le détail est insignifiant mais je l'ai noté,  se sont mises à hurler très fort. Cela se passait devant le portillon. Pour une banale histoire de sac, que l'une avait balancé violemment contre le postérieur de l'autre. Même si,  parce qu'elles s'excitaient, la raison initiale de l'altercation devenait dans la salle haut de plafond du métro totalement secondaire. On n'entendait plus que les connasse, les va te faire foutre, les ta mère suce des bites en enfer.
La première était très rouge parce que très claire de peau, la seconde un peu moins, et rouge et de peau. Mais leurs bouches ourlées, leurs visages parfaitement maquillés, c'est là que le détail apparemment anodin du début prend toute son importance, se déformaient bizarrement et avec constance, pour dégueuler le chapelet de saloperies. D'ailleurs le mot saloperie convenait bien à la scène. Parce qu'elles étaient mignonnes, à forte poitrine et lèvres pulpeuses, le mot salope sonnait familièrement aux oreilles. Ou comment évacuer l'absurdité des vociférations de l'une et de l'autre dans des divagations sémantiques. En regardant ces filles, j'avais pensé aux mots pétasses, cagoles, makrelles, à mon dictionnaire personnel de clichés. 
J'avais reçu réellement leurs mots en pleine gueule. J'emploie sciemment le mot gueule, il y avait une odeur fauve dans l'air, quelque chose d'animal. La peur, ou peut-être la rage. J'étais moi aussi rouge, bien que noire de peau, incapable seulement de comprendre le sens profond de nos mots.

 

 

une fille
         à la sortie du métro
  bouscule
            une autre fille
                                  gueule
             devant le portillon du métro
l'une sur l'autre
                           une fille
dégueule
                 un sac contre une hanche
        à la sortie du métro
fend
              les peaux tendues de trop
                             bouscule
                                           sur le mur du métro
de gros glaviots
                        s'enfilent
        des mots en "cule"
                                      une fille puis l'autre
                                                              dégoulinent les maux
                             à grands coups de
                      marteau
dans le métro
                      une fille  l'autre
                                     dans mon oreille


10/11/2013

l'oeil & la plume : l'assèchement du Zuiderzee ( fragment IV )

zuiderzeeextrait 4 2sepia.jpg
texte de werner lambersy                                                                                       collage  jlmi  2013
 
 

Il y a trois sortes

De poètes

 

Ceux qui parlent

Aux mots

 

Ceux à qui

Les mots parlent

 

Et ceux qui sont

Les mots

 

Il y a trois sortes

De poèmes

 

Ceux qui portent

Les mots

Ceux que le mot

Porte

 

Et ceux dont les

Mots sont des

Portes