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21/04/2013

l'oeil & la plume : j'irai plus vite à pied

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"j'irai plus vite à pied"                                                                                          photo jlmi  Paris Quartier Latin 2005

 

la plume est à vous...


10/04/2013

l'oeil & la plume : citron bleu

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texte et illustration   isabelle le gouic
 

Le sommeil a pris ton empreinte et la colore de tes yeux.   Paul Eluard

 

J'ai allumé un citron bleu quand j'ai éteint l'orange.

La terre est bleue comme une orange,

papier bavard de Paul Eluard.

Eluard, élu art, l'art élu de Paul Eluard,

citons le, récitons le,

et nous réciterons aussi le véritable citron bleu,

bleu marine, le bleu badine, j'ai les mots bleus ressuscités.

J'ai su citer Eluard qu'a suscité ce drôle de rêve,

un citron bleu comme une comète dans ma tête comprimée,

un citron bleu qui fait la fête et qu'a envie de s'exprimer.

De mon sommeil chimique, naît la belle alchimie.

 

J'ai allumé un citron bleu quand j'ai éteint l'orange.

J'ai des marées montantes qui défient l'horizon

quand j'ai ce citron bleu qui défie la raison.

La lune a des pulsions au rythme du citron.

J'ai démarré mon slam sur la peau d'une orange,

je sais, les mots d'Eluard, nous les réciterons,

mais moi, j'ai le vague à l'âme, je divague, je dérive,

dix lignes font dix vagues, sur des pages, sur des rives,

des vagues à slam sans se lamenter, mon slam hanté par une orange.

Si j'ai la tête en marmelade, appelez-moi p'tite tête malade.

 

J'ai allumé un citron bleu quand j'ai éteint l'orange.

Le mot explose dans le fructose, j'ai le mot bleu qu'est pas morose.

J'ai le citron onirique, j'ai le citron qui ose la pulpe diabolique,

j'ai le citron atomique, le nucléaire qui gicle.

Joindre le zeste à la parole, le citron bleu en parabole,

c'est plus tonique, c'est plus comique.

J'ai les antennes au paradis, j'ai les pépins qui décollent.

C'est un vrai cas d'école quand le citron me grise.

Ce bleu m'aspire, ce bleu m'inspire, devient spirale qui électrise.

 

J'ai allumé un citron bleu quand j'ai éteint l'orange.

Slam, slamer, cela me berce et cela m'arrange.

La terre se terre comme une orange, l'orange est bleue, elle est aux anges.

Cela appelle un commentaire, car comment taire ce qui dérange ?

Moi je préfère le citron bleu, car il est bleu comme un losange

qui vole à tire d'ailes et qui excelle en excès de zèle du désir et du plaisir.

Le citron bleu est un néon dans le néant, c'est le nez rond de mon clown blanc.

Il n'est pas sage et à chaque passage, je m'éclaire au chocolat,

le temps d'un éclair ou le temps d'un éclat.

Cacao qu'est k.o. et zeste à terre puis se relève à la Saint Nicolas.

Le citron bleu, c'est comme un jeu,

c'est un carré qui est aux anges quand il devient losange,

c'est un 8 de carreau ou un 9 de chocolat.

Tonnerre de Brest ou de passage, il tonne, il détone.

Mille sabords ! J'lui rends hommage au capitaine qu'est pas piteux,

le citron bleu qu'est capiteux. Alors l'orange capitule sans préambule,

s'en prend aux bulles, s'en prend à tout mais elle ne comprend rien du tout.

Remontée comme une horloge, elle a des tic, elle a des tac,

l'orange mécanique. Quand elle attaque, j'ai mon éthique,

mais l'orange s'absente comme privée d'absinthe dans mon bal neuronal.

 

 

J'ai allumé un citron bleu quand j'ai éteint l'orange.

J'aime son grain azuré qui donne du grain à foudre.

J'récapitule, c'est capital, mon capitaine. Mon rêve ne connaît pas la trêve.

J'aime l'errance du pépin qui se prend un grain, un soir d'orage.

Mon par-dessus est tout mouillé mais j'avance aussi sec,

c'est que j'aime la pluie par-dessus tout quand elle tombe à l'envers.

Quand elle tombe sans ciel, je marche sur deux mains

dans le noir voilé de doux neuroleptiques.

Mon rêve est essentiel, j'avance vers demain,

avec un citron bleu en guise d'hypnotique.

J'éclaire ma lanterne à la lueur d'un bras, les antennes à l'envers,

les ans ternes allant droit, à l'endroit des revers.

 

J'ai allumé un citron bleu quand j'ai éteint l'orange.

Mon rêve bleu bercé de slam, je joins le zeste à la parole.

Moi, j'ai l'âme estivale quand l'orange s'éteint, quand l'agrume s'affole,

quand il change de teint, devient bleu comme la lune,

quand il brûle au fer bleu l'orange qui enfume,

quand il nous est offert bleu, éblouissant les cieux.

J'ai le citron allumeur qui zeste en l'air, un soir d'orage,

devant l'orange sans voix sur une voie de garage.

J'ai les neurones rieurs dans les fluides hypnotiques,

et l'orange déconfite a l'air d'un leurre dans un flou elliptique,

suspendue à un doigt, à un doigt de se perdre, à un doigt de l'oubli.

A la lueur d'un zeste plus bleu qu'une utopie, mon rêve est bien réel :

Mon songe n'est pas mensonge, voyez ce citron bleu sur mon papier bavard,

le rêve innerve, le verbe devient sève dans les lèvres, le rêve est verve,

le rêve  orfèvre, qui se faufile, que l'on enfile comme des perles.

Voyez ces mots qui dansent comme des archipels dans un feu d'artifice,

quand les anges sont bleus et slament dans les étoiles qui boivent au calice

au pays des merveilles.  

 

 

08/04/2013

l'oeil & la plume : le soleil est nu...

le soleil est nu.jpg

texte & illustration jean-louis millet

 

 

Dans la torpeur torride de torrentielles tropiques

la Dame Aveugle à la peau d’éponge

exclue des esclandres exclamatoires

invente des lueurs pour éclairer mes ténèbres.

Cathédrale barbare ceinte d’ombre,

Aruspice de mes délices,

Dame Noire de mes plus fous espoirs

Dame Blanche de toutes mes avalanches

ou Dame Rouge de tout ce qui me bouge,

elle m’empêche de dormir dans mes pâles évidences

sous les arbres glabres aux bruits de sanglots.

Elle souligne la mer de la nuit rose d’un horizon très proche

et déploie mes ailes d’oiseau ivre.

Sur un tapis de gazon bleu

sous une lune couleur de sang

la tristesse d’eau d’un chœur d’enclumes

m’envole au-dessus du vent clairvoyant.

Me voici tout soudain parti tra la li

saupoudrer de terre avinée

les seins dansants des Femmes Arc en Ciel

gorgés des froideurs du soleil de minuit

sous une pluie à ne pas jouer dehors.

Elles sont là fuégiennes fugaces parées de fuchsine

comme henné face à leurs amants, futiles et délirants tatoueurs

aux doigts de fuchsia aiguille...

Tout aussi soudain me voici revenu tra la li lu 

Alors la Dame Aveugle à la peau d’éponge

m’échoue loin, très loin,

loin des chambres inabstraitables de passé obscur,

loin des eaux cendre d’un tendre bois consumé

là où tout finit par dispar-être.

Le soleil est nu ; la lune aussi.