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02/12/2017

l'oeil & la plume... Big Bang

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texte de denise desautels                                                                                       collage de jlmi  2011
 

 

dehors sec et clac

un simple échafaudage ou toute la terre

vois, vois

c'est flamboyant, rempli de couteaux

l'insensé en plein ciel, ça résonne

 

l'effroi fauve

pauvrement en soi

concentre noirceur et lucidité 

 

tu as parfois du métal dans la voix 

comme un fort aveu de consonnes 

 

on croise le fer, on dit 

démolition, incendie, étoile 

on se rend jusqu'à grenade et croc 

en additionnant des cercles 

leurs points cardinaux 

l'impact de leur tremblement 

jusqu'à ce que tout s'effondre 

chantiers, tours, larmes et livres 

excédent d'ambiance 

 

et quand tu crois que plus rien ne peut être sauvé 

quelque chose, quoi 

à peine une syllabe 

son plus pur dénuement 

aube 

là où émigre 

l'ultime fantôme de la caresse

 

01/12/2017

l'oeil & la plume... la dame de Brassempouy

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texte de cathy garcia                                sur la statuette dite Dame de Brassempouy âgée de ~25000 ans

 

 

Maîtresse des lunes giboyeuses

 

Grand écart terre ciel

Grand corps d’argile aux seins sablonneux

Labyrinthe de tes mèches broussailles

 

Je décroche les pendus

Et les voilà qui renaissent

Dans tes champs de tourbe et de salaisons

 

Moi je voudrais être nue

Là où ta lumière danse

Je voudrais être ton levain d’amour

La calligraphie conjointe de tes courbes

Être sur tes côtes une vague endormie

Entre tes doigts le pli d’un paysage mûr

 

Oublier pour un temps

Les reptations aveugles

Des marées humaines

 

ce texte est extrait de Universelle, un essai inédit sur la Déesse Mère

 

 

29/11/2017

l'oeil & la plume... dans le crâne d’un bateau

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texte de fanny sheper                                                                                      alice4 collage jlmi 2013

 

Dans le crâne d’un bateau fané

Je goute la fraicheur d’une bouche spectrale et parfumée.

Tout à l’heure, j’ai croisé un chien errant qui léchait le sol de l’été

Il m’a fait penser à moi, quand je léchai le sol où tu étais.

Je me suis réveillée dans l’autobus avec un lapin blanc sur l’épaule,

Les voyageurs avec leur front dressés regardaient les collines de tapis défiler.

J’ai marché bien longtemps au milieu d’une foule hideuse qui ne sourit plus,

J’ai même couché dans les hôtels où couche la foule hideuse qui ne sourit plus,

J’ai regardé sous leurs lits, il y a avait leurs draps stupides

Et leurs filles arrogantes et confortables.

Je me suis rendormie dans un train

J’étais gardée par des grenouilles qui ne comprenaient rien

Exprès pour leur échapper

Je rêvais de ton cou nu et bleuté

Et dans mon rêve, je me disais :

« Peut être que le sourire du papillon

Me sauvera de la morsure de cette maudite quenouille »

« Mais que peut bien faire un papillon contre une sorcière ? »

Me répondirent les grenouilles qui comprenaient tout.

Comme à chaque fois, Je me réveille au même endroit

Dans le crâne vide d’un bateau fataliste

Qui répète inlassablement avec sa vielle voix ferreuse :

« Tu ne fus pas bien aimée, tu ne fus pas bien aimée, tu ne fus pas bien aimée. »