Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

03/09/2017

l'oeil & la plume... fardée d'écueils

110528 BT Jarek Kubicki.jpg
texte de bruno toméra    ill. de Jarek Kubicki

 

 

Fardée d’écueils des marées déniaisées

Elle balance névrotique

Ses seins épileptiques

Ses seins sacrilèges en sortilège

Reggae.

Insouciante nymphette blanche,

Tête entrelacée d’acide luminosité,

convulsée

Sur des Uts salés.

Fraîche anoxie,

Alourdie d’air, suffoquée,

L’emplit de vive vie.

Les cheveux s’envolent

Guirlandes lianes

Blondes et folles

Pieds nus sursautés

Staccato rythmé

De gazelle constellation effrayée

Par le chasseur Rasta ravi

Broyant méthodique

Des vibrations

Basses uniques

A coup de bonheur d’autres corps

Qui se déhanchent entre la vie et la

mort

Et nymphette blanche danse et jouit

Et crie

- OUI...Oui... Entre, entre... Entre, la

vie.

 

 

29/06/2017

L’œil & la plume... mutilation génitale

olson01.jpg
 texte de harry r. wilkens                                                     ill.courtesy norman j. olson

 

On peut les voir,

ces hommes blancs

et ces femmes noires

si étranges,

parcourir l’Europe

à toute vitesse

dans leurs Porsches et leurs Jaguars,

certains d’entre eux frappant outre-mer.

Ils ont des couteaux tranchants avides

de couper de jeunes bites, de jeunes vulves.  

Ce sont les circonciseurs et les exciseuses,

impatiemment attendus

et payés abondamment

et célébrés.

Avec beaucoup

d’émotion et de joie

et de petits extras.

Qu’est-ce qu’un bourreau

ou même un putain

de Général des Armées

comparés à eux?

 

traduit par Walter Ruhlmann

28/06/2017

l'oeil & la plume... le meilleur coup de la terre

1256078.jpg
texte bruno toméra                                                                                                       photo le bélier en crise  2010
 

Elle arrive de loin, du fin fond du grouillant clinquant de la rue piétonne,

enveloppe flottante de tissu noir avec dessus un bonnet jaune troué,

les gens affairés ou nonchalants s'écartent désorientés par cette apparition

évadée d'une craquelure d'une toile de Jérôme Bosch.

    - T'as une clope et une petite pièce ?

Elle pue

elle n'a pas d'âge

antiquaire d'elle même

elle transbahute le présent défraîchi

dans deux sacs éreintés

par le poids de l'essentiel capharnaüm

de l'inutilité.

Je lui donne la clope et tire de ma

poche un bifton de cinq euros.

   - Sympa mon gars

     tu veux en siffler un ?

   - Je veux bien.

Elle sort d'un des cabas

2 gobelets plastique cradots et un litre entamé

   - Bois mon gars, beau temps aujourd'hui...

Nous buvons le picrate acide sous le soleil au milieu de l'agitation.

Je trinque avec la barmaid des enfers et c'est bon.

   - J'aurais vingt piges de moins, je t'aurais fait ton affaire...

     j'étais belle, ça me connaissait les beaux mecs... O des beaux gars...

Qu'elle rajoute

    - J'en doute pas, madame.

Elle sourit, des souvenirs clairsemés et joyeux doivent se superposer

sur les capricieux écrans de sa mémoire.

   - Faut que j'y aille, j'ai des affaires à régler.

Qu'elle dit d'un coup le regard gelé et perdu dans la nuit

d'un hiver instantané.

Elle se barre, trottinant instable sur les pavés

vers une aléatoire prolongation de l'existence.

Je la rattrape, lui colle une bise sur la joue

et lui dit

    - Sûr madame, Vous êtes le meilleur coup de la terre.