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24/12/2017

l'oeil & la plume... plaisir

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texte de né-khô                                                                                                                          photo Brassaï 1933
 

 

 

Dans un moment de pure extase

Elle a dit oui

Elle lui a cédé

Tant de luttes, de frustrations

Balayées d’un coup !

Pleine de tendresse

Elle le sent, le caresse

De ses lèvres, de sa langue,

Elle le parcourt.

Il est chaud, onctueux, presque sucré. 

Alanguie de bonheur

Elle en ferme les yeux pour mieux le savourer.

Elle ne pouvait imaginer instants plus jouissifs 

Pour quelles fausses raisons, quels mauvais prétextes 

A-t-elle écouté pendant si longtemps l’interdit ?

Les bonnes résolutions

Les conseils avisés des amies ( ?)

Bye bye

C’est si bon de se damner

Pour un petit carré  

 

de chocolat !

 

22/12/2017

l'oeil & la plume... pars ! fuis ! file !

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texte & illustration jean-louis millet

 

Fils de Jana l’Illuminée - forêt-femme affamée diffamée, baveuse de mots sages et poreux, cocotte en papier fouillant son tas d’immondices à la recherche de rêves jamais rêvés  - tout ton monde disparaît sous une neige aux relents de formol. C’est comme un lent glissement vers un bocal de verre sur une mer d’argent fauve, parfois mauve, friable, saccadé. 

 

Pars !

Tant qu’il est encore temps, pars !

Cours attraper le vent et ses psalmodies chauves,

avant qu’esprit lavé et corps_rompu tu n’abdiques.

 

Fuis,

cette république de ‘’vend-du-vent’’

cette république de roman-photos

des professeurs de (petite) vertu

Fuis ce peuple muet

dont seuls les yeux vivent

devant leur écrans plats

comme leurs encéphalo(µ)grammes.

 


Fuis,

sans personne, 

abandonne ce sac noir d’ennui,

sans air, sans issue,

ce chaos à gerber des gerberas jaunes,

avant que ta pâle raison ne s’envole

et que cogne ton cœur en sueur, moteur rageur aux fleurs en pleurs.

 

File,

et dans les rues écoute

G’ n’ R’ frapper
à coups de riffs d’enfer

aux portes du paradis

de Bob D. …
 

… Pars ! Fuis ! File !

Juste à l’aventure

Juste à la vie.

Ta vie…

 

21/12/2017

l'oeil & la plume... citron bleu

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texte et illustration   isabelle le gouic
 

Le sommeil a pris ton empreinte et la colore de tes yeux.   Paul Eluard

 

J'ai allumé un citron bleu quand j'ai éteint l'orange.

La terre est bleue comme une orange,

papier bavard de Paul Eluard.

Eluard, élu art, l'art élu de Paul Eluard,

citons le, récitons le,

et nous réciterons aussi le véritable citron bleu,

bleu marine, le bleu badine, j'ai les mots bleus ressuscités.

J'ai su citer Eluard qu'a suscité ce drôle de rêve,

un citron bleu comme une comète dans ma tête comprimée,

un citron bleu qui fait la fête et qu'a envie de s'exprimer.

De mon sommeil chimique, naît la belle alchimie.

 

J'ai allumé un citron bleu quand j'ai éteint l'orange.

J'ai des marées montantes qui défient l'horizon

quand j'ai ce citron bleu qui défie la raison.

La lune a des pulsions au rythme du citron.

J'ai démarré mon slam sur la peau d'une orange,

je sais, les mots d'Eluard, nous les réciterons,

mais moi, j'ai le vague à l'âme, je divague, je dérive,

dix lignes font dix vagues, sur des pages, sur des rives,

des vagues à slam sans se lamenter, mon slam hanté par une orange.

Si j'ai la tête en marmelade, appelez-moi p'tite tête malade.

 

J'ai allumé un citron bleu quand j'ai éteint l'orange.

Le mot explose dans le fructose, j'ai le mot bleu qu'est pas morose.

J'ai le citron onirique, j'ai le citron qui ose la pulpe diabolique,

j'ai le citron atomique, le nucléaire qui gicle.

Joindre le zeste à la parole, le citron bleu en parabole,

c'est plus tonique, c'est plus comique.

J'ai les antennes au paradis, j'ai les pépins qui décollent.

C'est un vrai cas d'école quand le citron me grise.

Ce bleu m'aspire, ce bleu m'inspire, devient spirale qui électrise.

 

J'ai allumé un citron bleu quand j'ai éteint l'orange.

Slam, slamer, cela me berce et cela m'arrange.

La terre se terre comme une orange, l'orange est bleue, elle est aux anges.

Cela appelle un commentaire, car comment taire ce qui dérange ?

Moi je préfère le citron bleu, car il est bleu comme un losange

qui vole à tire d'ailes et qui excelle en excès de zèle du désir et du plaisir.

Le citron bleu est un néon dans le néant, c'est le nez rond de mon clown blanc.

Il n'est pas sage et à chaque passage, je m'éclaire au chocolat,

le temps d'un éclair ou le temps d'un éclat.

Cacao qu'est k.o. et zeste à terre puis se relève à la Saint Nicolas.

Le citron bleu, c'est comme un jeu,

c'est un carré qui est aux anges quand il devient losange,

c'est un 8 de carreau ou un 9 de chocolat.

Tonnerre de Brest ou de passage, il tonne, il détone.

Mille sabords ! J'lui rends hommage au capitaine qu'est pas piteux,

le citron bleu qu'est capiteux. Alors l'orange capitule sans préambule,

s'en prend aux bulles, s'en prend à tout mais elle ne comprend rien du tout.

Remontée comme une horloge, elle a des tic, elle a des tac,

l'orange mécanique. Quand elle attaque, j'ai mon éthique,

mais l'orange s'absente comme privée d'absinthe dans mon bal neuronal.

 

 

J'ai allumé un citron bleu quand j'ai éteint l'orange.

J'aime son grain azuré qui donne du grain à foudre.

J'récapitule, c'est capital, mon capitaine. Mon rêve ne connaît pas la trêve.

J'aime l'errance du pépin qui se prend un grain, un soir d'orage.

Mon par-dessus est tout mouillé mais j'avance aussi sec,

c'est que j'aime la pluie par-dessus tout quand elle tombe à l'envers.

Quand elle tombe sans ciel, je marche sur deux mains

dans le noir voilé de doux neuroleptiques.

Mon rêve est essentiel, j'avance vers demain,

avec un citron bleu en guise d'hypnotique.

J'éclaire ma lanterne à la lueur d'un bras, les antennes à l'envers,

les ans ternes allant droit, à l'endroit des revers.

 

J'ai allumé un citron bleu quand j'ai éteint l'orange.

Mon rêve bleu bercé de slam, je joins le zeste à la parole.

Moi, j'ai l'âme estivale quand l'orange s'éteint, quand l'agrume s'affole,

quand il change de teint, devient bleu comme la lune,

quand il brûle au fer bleu l'orange qui enfume,

quand il nous est offert bleu, éblouissant les cieux.

J'ai le citron allumeur qui zeste en l'air, un soir d'orage,

devant l'orange sans voix sur une voie de garage.

J'ai les neurones rieurs dans les fluides hypnotiques,

et l'orange déconfite a l'air d'un leurre dans un flou elliptique,

suspendue à un doigt, à un doigt de se perdre, à un doigt de l'oubli.

A la lueur d'un zeste plus bleu qu'une utopie, mon rêve est bien réel :

Mon songe n'est pas mensonge, voyez ce citron bleu sur mon papier bavard,

le rêve innerve, le verbe devient sève dans les lèvres, le rêve est verve,

le rêve  orfèvre, qui se faufile, que l'on enfile comme des perles.

Voyez ces mots qui dansent comme des archipels dans un feu d'artifice,

quand les anges sont bleus et slament dans les étoiles qui boivent au calice

au pays des merveilles.