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14/06/2017

l'oeil & la plume... l'homme sandwich

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texte de isabelle le gouic                                      sur une photo de jlmi   Paris Coulée verte   2010

 

 

Y’a pas de gagne-pain pour ce gars là

pas de gagne

pas de pain

pas de gain

 

Y’a pas de pain sur la planche

pas de billet dans la manche

pas de planche à billet

pas la tronche à rire dans cette tranche de vie

 

Y’a pas quelque chose qui cloche ?

 

Y’a pas de pain pour ce gars-là

mais y’a des pains qui se perdent

quand l’homme sans pain

devient malgré lui homme sandwich

 

Y’a des pains qui se perdent

quand on fait de lui une tranche

glissée entre une casquette qui Mac domine

et des semelles de marque qui lui font la nique

 

Y’a pas de mal à ça, diront certains :

Lui faire porter cette casquette burger-frites et ces pompes de pompe à fric

ça ne mange pas de pain

 

 

13/06/2017

l'oeil & la plume... la lumière est nacrée

060609 17 MacVal 94 sm.jpg

texte & photo jlmi                                                    Mac Val installation vidéo de Melik Ohanian  2006

 


La lumière est nacrée,

comme pailletée de fines particules.

Dans cette immense salle blanche, pas un bruit de voix. Juste les claquements rythmés de mains, nombreux, variés.

Au sol, dans un coin, une pile organisée d’écrans cathodiques. J’en compte huit. Des enceintes aussi, quatre.

Sur chaque écran une paire de mains. D’hommes, de  femmes. Des mains jeunes, vieilles, fines, calleuses, lisses ou aux veines saillantes. Un échantillon d’humanité. Ces mains se frappent, s’arrêtent, reprennent en un ballet hasardeux à ce qu’il semble. Mais non, à bien y écouter, les rythmes s’épousent, se complètent.

Face aux écrans, un long pouf transparent coiffé d’un coussin jaune. Un groupe d’adolescents est installé et regarde. Une femme debout paraît donner  quelques explications à voix voilée. Un peu à l’écart, deux filles ont fait sécession. Elles sont appuyées à un pilier et tournent presque le dos aux écrans. L’une ,y jette parfois un regard rapide. L’autre, la plus éloignée de l’œuvre, a posé la tête sur l’épaule de son amie et, le regard perdu, suce son pouce… mais peut-être est-elle captivée par cette mélopée brute, presque sauvage qui monte, descend, oscille, mélopée de ces mains qui se frappent, se caressent, s’ouvrent… et repartent en cadence.

 

C’est un après-midi comme un autre au Mac Val  

 

 

12/06/2017

l'oeil & la plume... conjugaison d'être et à voir

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texte de isabelle le gouic                                                                                       ill. jlmi  2009
 

 

L'imparfait du verbe être.

Ligne de mots tirée au cordeau,

Paroles nouées, mots liés par le verbe,

Pensées déliées.

Musique des mots accrochée à la rime.

Corde serrée au nœud de l’angoisse.

Corde à sauter ou corde au cou,

Le nœud s’accorde au temps qui court.

Le verbe s’accorde à son tour, en son temps,

Au passé simple si compliqué,

A l’imparfait désenchanté, imparfait du verbe être, à l’imparfait de l’être.

Cordes désaccordées de l’anxieuse mélopée,

Floppée de mots jusqu’au croche-pied, une croche, six pieds.

Ligne de mots tirée au cordeau,

Corde qui enlace, qui entoure, qui enserre,

Jusqu’au nœud, jusqu’au mot qui déchire.

Corde amie ou rebelle,

Crayon qui tricote et qui tisse des mots amis, des mots alliés,

Ou parole défaite, corde qui s’effiloche,

Une croche qui décroche, six pieds qui trébuchent.

Le noeud s’accorde  au temps qui passe,

Corde amie ou assassine,

Corde lovée, still love me,

 

Ou corde raide.