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15/06/2018

l'oeil & la plume... écoute !

écoute  small.jpg
texte de murièle modély                                                                                                                   ill. jlmi 2017

 

 

écoute
fourre-toi ça dans l'oreille
la gauche, la droite, tu peux
me déshabiller, me rhabiller
montrer mes seins, mon cul
ma rate
poser un voile
pudique sur ma chair hachurée
vas-y, tu peux
décider, disposer, de mon corps, de ma tête
de ma bouche, de mes lettres
dis-le, écris-le, mon cerveau est à toi
tu le penses et le crois
tu sais mieux, tu sais plus
dans ton costume trois pièces
dans ton carnet de chèques
dans ton très grand bureau
et ta langue est habile
pour te mouiller le doigt
pour compter, recompter
les pages du livre, le fric
écoute-moi
fourre-toi ça dans les yeux
ma peau
ma lymphe
ma matière molle
tu sais, cette chair élastique
tu pourras la couper en tout petits morceaux
me pendre au bout d'une branche
exposer en sucette
publicitaire
ma raie et mes tétons
vas-y mon gars
vas-y, fais toi plaisir
passe le moindre de mes centimètres
à la moulinette
tu n'as rien d'autre à faire, tu auras beau y faire
je reste encore
encore
moi
syllabe unique
impossible
moi
arête tranchante
en travers de ta gorge

 

12/06/2018

l'oeil & la plume... je n'aurais jamais cru

Sans titre-2small.jpg
texte de werner lambersy                                                                                                                 ill.jlmi  2017

 

Je n’aurais jamais cru
Qu’on pouvait mettre
Tout cela dans l’auto !

Disait celui qui partait
En voyage

Les étoiles
Se contentaient de tenir
Sur le porte-bagages

 

extrait de En dehors & autour   (inédit)

11/06/2018

l'oeil & la plume... au sursaut des veines

ilg Au sursaut des veines.jpg
texte de isabelle le gouic                                                                                         photo  jlmi  2007
 

 

Peindre sur l’océan

nos désirs de voyages.

Au gré de nos songes,

nos têtes font des vagues.

 

Une Fugue de Bach dessine nos soupirs.

L’espace s’accomplit.

 

La mer y est nomade,

rouge,

sous un ciel détrempé.

 

Elle palpite

comme au sursaut des veines.

Des hublots sont ouverts sur nos âmes sereines.

Nous avons effacé les tempêtes.

 

Ecoutez le clapotis des pinceaux

qui dessinent l’écho de nos pas.

 

Pendant que cette mer nomade

emporte avec elle

au creux de son ventre

le brouillon de nos vies,

nos rêves s’abreuvent d’écume

pour enjamber l’horizon.