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12/09/2013

l'oeil & la plume : Allez, copulez maintenant !

Allez copulez Léonardo da Vinci 1492 Coition_of_a_Hemisected_Man_and_Woman.jpg
texte de cathy garcia (2001)                                                        ill. Léonard de Vinci
 

 


 

Sexe ! Et l’amour devient risible… Voyez la bête à deux têtes ! Jolies queues et belles chattes font tourner le monde mieux que n’importe quelle sévère soutane ou stricte cravate, quoique celle du notaire a les mamelles fières. Pardonnez moi, je m’égare, et c’est si facile quand le hasard mouille au fond des culottes…

Je t’aime, moi mon cul, mais pourtant c’est pareil ! Notre cul, messieurs, c’est votre soleil, celui qui chauffe les entrailles de votre imagination, qui vous tient, qui vous tenaille et vous assomme avant le sommeil.

Notre cul encensé, convoité, censuré, idolâtré, montré du doigt voire de plusieurs, critiqué, exploité, malaxé, ouvert à pleines mains cette fois, exposé, tripoté, fouillé, défoncé, banni, maudit, brûlé vif sur des bûchers ! 

Si bien qu’aujourd’hui, si ça ne nous envoie pas en taule, ça paye très bien de le montrer ce cul, sur petit et grand écran ou papier plus ou moins glacé, professionnel ou amateur, dans tous les foyers grâce à la suprême maquerelle informatique ! Qui n’a pas eu son pain de fesses ?

Des milliers de crétins suspendus par la verge au plus beau cul de la semaine, peu importe de savoir à qui il appartient, ce qui est certain c’est qu'il rapporte. Et il rapporte quoi au juste ?

Qu'est-ce que ça peut nous faire ? Nous aurions tort de cracher sur ceux qui l’ont compris car si nous sommes assez cons pour nous payer des culs, sur tous les supports imaginables y compris la chair, alors qu'il y en a qui n’ont même pas assez à manger pour utiliser le leur à des fins pratiques, c’est à dire pour chier, il est normal parfois de se faire enc… quelque part, non ?!

Pardonnez moi, je deviens très grossière… Mais n’est-ce pas ce que vous aimez, les mots grossiers, les mots cochons susurrés à l’oreille, mots interdits qui donnent le petit frisson supplémentaire ?

 

Le plaisir a depuis toujours faussé compagnie à la morale et aux inquisitions. Le péché de chair a été inventé par des hommes vicieux, jaloux et avides de pouvoir, le diable a été inventé pour dominer les masses indisciplinées, et des siècles et des siècles plus tard, le joug est encore présent, imprimé dans nos cerveaux, mais certainement pas dans nos cellules. L’imagination mélomane aime les accords en rut majeur…

Danser la danse du loup. Forniquer, copuler. Trousser, harponner, croquer, saillir !

Viens-donc ! Je suis la femelle tant redoutée, la dévoreuse, l’insatiable, de celles que l’on a enfermées, pendues par les pieds, chassées, brûlées, réduites au silence pendant des siècles et que l’on pourchasse encore de par le monde ! Indomptables mais si généreuses…

Une femme n’a t-elle d’autre choix que le camp des salopes ou la névrose ?

Il est bien plus difficile d’assumer son plaisir que de critiquer celui des autres, n’est-ce pas ?

Quant aux hommes, vos queues ont déjà choisi pour vous et quoiqu’elles fassent, vous êtes toujours le sexe respectable. Un gars, une garce, un péripatéticien, une péripatéticienne, un entraineur, une entraineuse etc. Maintenant pour être une parfaite salope, mieux vaut avoir des atouts et comme encore une fois, c’est vous, messieurs, qui faites les règles du jeu, ce sont des atouts avant tout plastiques. Trop laide, trop maigre, trop grosse, trop vieille, pas assez comme ça ou trop comme ci, qu’une femelle désire assumer pleinement sa sexualité, ses désirs et la voilà sur un chemin de croix à défaut de cœur ? Vous riez ?

Pensez à toutes les saintes anonymes qui vous permettent de vous éponger sur elle, en échange de quelques billets, que vous soyez maigre, gros, sale, édenté, boutonneux, poilu, mou ou puant de la gueule, des pieds, de tout ? Vous riez encore ?

Hypocrisie puritaine, fanatisme religieux, négation et stigmatisation du naturel d’un côté et de l’autre :  exploitation de la chair et de votre misère sexuelle, explosion du sexbizness. Entre les deux, l’être humain. Une déviance, un non-sens, un monstre de beauté, un ange raté, un menteur éhonté.

Nous devrions être les propres peintres de notre sexualité. La toile n’a jamais été blanche mais à nous de jouer avec les couleurs, de projeter tous nos fantasmes, qu'ils aillent éclabousser les contours trop propres, de longues coulées de jus salée sur les lignes trop droites, brouiller la piste pour tout ceux qui suivront car non, il n’y a jamais eu de règles, tout est sans cesse à inventer, en mouvance, n’en déplaise à la pornographie institutionnelle patriarcale et judéo-chrétienne.

Trop de cul ! Pas assez ! Plus encore ! Jusqu’à la nausée, jusqu’à ce que ça ne veuille plus rien dire, alors on touchera à l’essentiel, au-delà, bien au-delà de nos agitations de fourmis lubriques, de cette quête éperdue que l’on ne comprendra jamais, car enfin, avouez, l’amour est bien peu dans tout ça.

L’amour, une belle couverture, un emballage digne, l’amour c’est de l’amitié au-delà du raisonnable, l’amour, c’est la plus belle et la plus étrange invention de l’homme pour justifier sa nature animale et contrer ses peurs viscérales. C’est peut être aussi une poussière d’étoile ou une goutte d’eau pure qui tombe sur nos paupières et nous réveille un beau matin, le cœur retourné vers le ciel.  


08/08/2013

l'oeil & la plume : le Nœud du Problème & la Clé du Mystère

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j'avance, je dénoue, je ''dé-nous''                                                    si les clés ont la dent dure,

elles ouvriront des portes


textes & illustrations de isabelle le gouic

27/06/2013

l'oeil & la plume : l'ombre d'un doute

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textes isabelle le gouic & jean-louis millet                                                                                     photo isabelle le gouic
 

 

Ecoutez tous les deux, faut que j’vous dise. Je m’interroge.  Qu’est-ce qu’on fout là. Ils nous ont collés sur ce toit terrasse dans des poses impossibles et depuis, plus rien. En plus ces c… nous ont disposés de façon à ce qu’on ne se voit pas. Pas l’ombre d’un doute, z’avaient perdu la boule. Non, moi j’crois qu’on est là pour qu’ils puissent expliquer aux gamins le truc des ombres portées et des ombres propres. Z’en dites quoi ?

 

Avouez, docteur,  que c’est étrange. Pourtant, croyez-moi, cette voix qui semblait se plaindre venait du toit. Je n’ai pas rêvé. Elle parlait d’ombres… Je sais, vous vous dîtes que le pauvre mitard que je suis est en pleine hallucination. Pas étonnant qu’un gars comme moi qui a été mis à l’ombre il y a seize ans entende des voix qui racontent des histoires de types qu’on empêche de se voir. Alors, pour en avoir le cœur net, quand j’ai entendu ça, je me suis hissé sur la pointe des pieds. J’ai collé mon oreille tout près de la lucarne. La suite, vous n’allez pas en croire vos oreilles. Et pourtant, voilà ce que j’ai entendu :

 

Taisez-vous et écoutez moi, j’ai encore rien dit mais là, j’vois quelque chose qui bouge. Comme vous pouvez pas voir, j’vous raconte. Y’a comme une oreille qui nous zieutent à travers une des étranges lucarnes percées dans l’mur face à moi. Sont bien rangées ces lucarnes, en rangs et en colonnes, y’en a beaucoup. Combien ? j’sais pas, j’ai jamais su compter. Mais là, derrière celle de tout en haut à l’extrême gauche, y’a une oreille. J’vois qu’ça. Qu’est-ce qui s’trame ?

 

 

.................. à vous lecteurs de proposer une suite ...............