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23/03/2017

l'oeil, l'oreille & la plume... Ode to Billy Joe

 

It was the third of June, another sleepy, dusty, delta day
C'était le 3 juin, encore un jour poussiéreux et somnolent sur le delta
I was out choppin' cotton and my brother was balin' hay
J'étais dehors, je récoltais le coton, et mon frère bottelait du foin
And at dinner time we stopped and walked back to the house to eat
A l'heure du dîner on s'est arrêtés et on est retournés à la maison pour manger
And Mama hollered at the back door, "Y'all remember to wipe your feet"
Et Maman a braillé par la porte de derrière "pensez à essuyer vos pieds"
Then she said, "I got some news this mornin' from Choctaw Ridge
Puis elle a dit "J'ai eu des nouvelles de Choctaw Ridge ce matin
Today Billie Joe McAllister jumped off the Tallahatchee Bridge"
Aujourd'hui, Billy Joe Mac Allister a sauté du pont Tallahatchee"

Papa said to Mama as he passed around the black-eyed peas
Papa a dit à Maman en passant les pois noirs
"Well, Billie Joe never had a lick o' sense, pass the biscuits, please
"Eh ben, Billy Joe n'a jamais été très malin, passe moi les biscuits s'il te plaît
"There's five more acres in the lower forty I've got to plow"
J'ai encore 2 hectares à labourer en bas du champs quarante"
And Mama said it was a shame about Billie Joe anyhow
Et maman a dit que c'était quand même dommage pour Billy Joe
Seems like nothin' ever comes to no good up on Choctaw Ridge
On dirait qu'il n'arrive jamais rien de bon à Choctaw Ridge
And now Billie Joe McAllister's jumped off the Tallahatchee Bridge
Et maintenant voilà que Billy Joe Mac Allister a sauté du pont Tallahatchee

Brother said he recollected when he and Tom and Billie Joe
Mon frère a dit qu'il se souvenant quand lui, Tom et Billy Joe
Put a frog down my back at the Carroll County picture show
M'avaient mis une grenouille dans le dos au cinéma à Caroll County
And wasn't I talkin' to him after church last Sunday night
D'ailleurs, je lui parlais dimanche soir dernier après la messe
I'll have another piece of apple pie, you know, it don't seem right
Je prendrais bien une part de tarte au pomme ; tu vois, c'est pas juste
I saw him at the sawmill yesterday on Choctaw Ridge
Je l'ai vu hier à la scierie de Choctaw Ridge
And now you tell me Billie Joe's jumped off the Tallahatchee Bridge
Et maintenant tu me dis que Billy Joe s'est jeté du pont Tallahatchee

Mama said to me, "Child what's happened to your appetite ?
Maman m'a dit "Ma fille, qu'est ce qui arrive à ton appétit ?
I been cookin' all mornin' and you haven't touched single bite
J'ai cuisiné toute la matinée, tu n'as pas mangé une seule bouchée
That nice young preacher Brother Taylor dropped by today
Ce charmant jeune prêtre, frère Taylor, est passé aujourd'hui
Said he'd be pleased to have dinner on Sunday, oh by the way
Il a dit qu'il serait ravi de venir manger dimanche, oh d'ailleurs
He said he saw a girl that looked a lot like you up on Choctaw Ridge
Il a dit qu'il avait vu une fille qui te ressemblait a Chactow Ridge
And she and Billie Joe was throwin' somethin' off the Tallahatchee Bridge"
Et elle et Billy Joe lançaient quelquechose du pont Tallahatchee"

A year has come and gone since heard the news 'bout Billie Joe
Une année est passée depuis qu'on a entendu parler de l'histoire de Billy Joe
Brother married Becky Thompson, they bought a store in Tupelo
Mon frère a épousé Becky Thopson, ils ont acheté un magasin à Tupelo
There was a virus goin' round, papa caught it and he died last spring
Un virus trainaît dans l'air, papa l'a attrapé et en est mort le printemps dernier
And now Mama doesn't seem to want to do too much of anything
Et maintenant maman n'as plus le goût de rien faire
And me I spend a lot of time picking flowers up on Choctaw Ridge
Quant à moi, je passe beaucoup de temps à cueillir des fleurs à Choctaw Ridget
And drop them into the muddy water off the Tallahatchee Bridge
Et je les jette dans l'eau boueuse depuis le pont Tallahatchee

 

merci à la Coccinelle

 

22/03/2017

l'oeil & la plume : dites moi où, en quel pays...

 paysage.jpg

texte jlmi                                                                                                               sur photo anonyme

 

... Sage paysage en noir et blanc.

Impression diffuse d’être face à un négatif. Oui, sans doute.

 

Au fond - au ciel ? - un arc de gris dégradés. Si nous étions sous les tropiques, ce pourrait être la naissance de l’astre d’un jour nouveau lorsqu’il se pare de ce rouge si profond.

 

En premier plan, un ensemble symétrique de collines s’étale jusqu’à un horizon incertain. Incertain, car est-ce un horizon marin ou bien celui que l’on perçoit du haut d’un plateau, au fin bout des vallées des massifs érodés. L’élément marin semble l’emporter. Nul ne saurait y être surpris par l’odeur des goémons

 

Ces collines sont désertiques, nulle végétation ne semble y vivre. On les croirait polies par les vents de tous les azimuts et les pluies de tous les ciels. Ceci renforce la probabilité d’un océan voisin. Seule la lumière joue ce jour sur les rondeurs et les souligne avec une infinie délicatesse.

 

Ce qui surprend au premier abord dans ce paysage sage à l’extrême, c’est l’arrangement, l’harmonie autour d’un centre au galbe parfait, ensuite, c’est la végétation luxuriante posée là. L’idée de buisson vient de suite à l’esprit. Mais à la réflexion il faut bien convenir que c’est impossible, le paysage est bien trop large, ample. Ce buisson est au moins un bosquet et sa forme est le résultat de l’action continue des vents…

 

L’esprit poursuit son lent travail. Un bosquet dans cette nature ? Pourquoi ? Quel secret peut-il bien dissimuler ? Et vient l’envie, violente, de gravir le Mont pour en explorer l’autre versant…

 

21/03/2017

l'oeil & la plume... les intemporaines

 

ostende.jpg
texte & photo werner lambersy
 

 

 

Le temps est sans fin

L’espace est sans fin

 

Et sans fin

Ni repos les matières

 

Car est matière

Ce qui résiste au désir

 

L’homme

L’ouvrage et son désir

Sont sans fin

 

Et la bombe

D’Hiroshima tombera

Sans fin

 

Rudérales

Sont les fleurs

De nos jardins saccagés

 

Sur les décombres

Et le remblai en friches

De nos consciences

 

Lumière

Les cendres du soleil

 

Cosmos

Ce qui couve encore

De son feu

Dans l’incendie

Aux lisières aveugles

 

Et la pluie noire

Des moussons du vide

 

Mais l’ombre

Marquée sur un pan

Carbonisé d’Hiroshima

 

Est le fantôme écorché

De qui passait  

Sous les bruissements

De cerisiers

 

Dont on disait en ville

C’est le frisson

Le plus secret du beau

 

Qui seul peut

Nourrir l’âme humaine

Mémoire

Le terrain vague

Où la végétation sauvage

 

Des images d’Hiroshima

Repousse toujours

 

Parmi les gravats

De l’horreur instantanée

 

Et les crépis boursouflés 

De la peau

Et les pustules de la peur

A venir

 

Brûlis  

Où l’ortie amère persiste

Plus têtue

 

Que l’oasis dans le désert

Du cœur

Ou le nerf

Des coqs décapités

Que la fureur fait courir

 

Les mots

Comme des gants

Oubliés rêvant de caresses

 

Que la main

Ne peut connaître que nue

 

 

Extrait des Intemporaines