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24/05/2013

l'oeil & la plume : sur la Butte

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texte de cathy garcia                                                                       collage photographique  jlmi  2013

 

Sur la Butte

Une pute, une flûte

Une pente, une fente

Hypnotique incandescence

Des violons déchaînés

Sous l’orage

Sur la butte le bal

 

L’alcool et la dérive

À suivre les vagabonds

Étranges bariolés

Les enchanteurs

Désenchantés

Fils de sales gosses

Traînant leur bosse

D’errance en détours

D’étoile trouée en male fortune

Et les mains sur les lames

Trop habiles

Après le chahut les murmures

La vengeance qui couve

Le rire des chouettes, lugubre

Un peu de jalousie

Perdue au fond des bois

Les pisseux espionnent

Les puceaux ricanent

Les vieux se retournent

Une dernière fois

Avant de dévaler la pente

Ressurgir par la fente

Et ainsi va l’amour

Flaques de boue

Fichus bariolés

Au pied de la butte

Braseros, alcool

Langues de flûtes

Et Kalia la belle

La peau sur les os

Les yeux brûlés

Danse encore et lance

Des chapelets de larmes

À la lune édentée

 

 

 

08/05/2013

l'oreille & la plume : Take five, deux fois écouté par Isabelle le Gouic

J'écoute Take five, les yeux fermés. Mais quelle est sa couleur ?


Un swing dans la mélodie,

un rythme imprimé par Dave Brubeck au piano,

sur le clavier, des noires, des blanches... Et pourtant...

 

Un souffle accroché au saxo de Paul Desmond,

des notes qui s'envolent de la portée, des noires, des blanches... Et pourtant...

 

Des silences insufflés par Joe  Morello dans son chorus à la batterie,

Des blancs, du noir... Et pourtant...

 

Du noir et blanc ?

Non, fermez les yeux...

 

Je crois que Take five est bleue.


 

On n'est pas sérieux quand on a 2 fois 17 ans...  

On chope cette musique-là, on la fait sauter comme des gouttes de pluie sur des cordes :  

IT'S NOT A MISTAKE, IT'S JUST A JOKE !

 

Allez les gars, on n'est pas tristes ce soir.

Take five colle aux tympans puis décolle autrement.

 

Fermez les yeux...

La guitare embarque jusqu'à deviner la sensualité des collants.

 

Vertu de l'impromptu...  

Non, je sais, on n'est pas sérieux quand on a 2 fois 17 ans.


14/04/2013

l'oreille & la plume : It's all over now, Baby Blue Bob Dylan

dylan66sipaok.jpg

 

It's All Over Now, Baby Blue

Tout est fini maintenant, triste petite

You must leave now, take what you need, you think will last.
But whatever you wish to keep, you better grab it fast.
Yonder stands your orphan with his gun,
Crying like a fire in the sun.
Look out the saints are comin' through
And it's all over now, Baby Blue.

Tu dois partir maintenant, prends ce dont tu as besoin, ce que tu crois durable.
Mais quoi que tu veuilles garder, tu ferais mieux de t'en emparer vite.
Là-bas se tient ton orphelin, avec son fusil,
Il pleure comme un feu dans le soleil.
Regarde, les saints arrivent enfin
Et tout est fini maintenant, triste petite.

The highway is for gamblers, better use your sense.
Take what you have gathered from coincidence.
The empty-handed painter from your streets
Is drawing crazy patterns on your sheets.
This sky, too, is folding under you
And it's all over now, Baby Blue.

La route est pour les joueurs, sers-toi de ta tête.
Prends ce que tu as rassemblé par coïncidence.
Le peintre aux mains vides de tes rues
Orne tes draps de dessins fous.
Ce ciel, aussi, se replie sous toi
Et tout est fini maintenant, triste petite.

All your seasick sailors, they are rowing home.
All your reindeer armies, are all going home.
The lover who just walked out your door
Has taken all his blankets from the floor.
The carpet, too, is moving under you
And it's all over now, Baby Blue.

Tous tes marins au mal de mer, ils rament vers leurs maisons.
Toutes tes armées de rennes, rentrent toutes à la maison.
L'amant qui vient de sortir par ta porte
A retiré toutes ses couettes du plancher.
Le tapis, lui aussi, bouge sous tes pas
Et tout est fini maintenant, triste petite.

Leave your stepping stones behind, something calls for you.
Forget the dead you've left, they will not follow you.
The vagabond who's rapping at your door
Is standing in the clothes that you once wore.
Strike another match, go start anew
And it's all over now, Baby Blue.

Abandonne tes pierres de gué, quelque chose t'appelle.
Oublie les morts que tu as laissés, ils ne te suivront pas.
Le vagabond qui frappe à ta porte
Est vêtu des hardes que tu as portées autrefois.
Gratte une autre allumette, essaie à nouveau
Car tout est fini maintenant, triste petite.

traduction de Pierre Mercy et François Guillez

qu'ils soient ici remerciés