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24/01/2017

l'oeil & la plume... pièces rapportées

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texte de bruno toméra                                                                                                                 ill. de jlmi 2017

 

 


 
Lampadaires incolores, mon ombre déambulait entre ces rues de pierres jaunes, la tronche ravagée par la Guinness. Boite de nuit de merde, ce connard me branchait poésie, j'en avais rien à foutre de ses parachutages égotiques dans les pourtours de sa libido, il s'emmerdait autant qu'un autre, je n'avais plus besoin d'alibi, j'ai appris à m'en passer, c'est cela ma façon d'être poète, je n'ai pas d'alibi. On était donc tous là à attendre l'autobus de la mort et chacun un arrêt ou descendre et je rentrais dans cette morgue de la chambre d'hôtel, entre ces murs gelés de la mort, avec ces décorations virtuelles, ces draps élimés sans odeur, cet ennui gravé dans l'enclave de l'univers où il n'y avait rien à picoler, rien que de la sale solitude qui gouttait du plafond.


Mon frère crevait les poumons dentelés par des virus aux noms mystérieux, il faut gaver de solennel ce qui nous échappe, mon frère crevait et je regardais ces femmes vertes en sabots de plastiques et en uniformes verts et je me demandais si elles portaient une culotte sous ce froc des urgences de l'hôpital Louise Michel, elles cavalaient chaque fois qu'un être descendait à un arrêt et je visionnais sur mon dvd perso haute définition les contours, le modelé de leur toison pubienne, l'odeur de l'amour, l'odeur de la mort, monstre et voyeur, une psycho m'a dit plus tard que l'on se protège comme on peut, je surnageais dans cette conscience ordonnée et désorganisée qui flirte dans le sempiternel show du chaos.


Les pierres jaunes suaient et craquait sous le gel, j'attendais l'amour, je l'inventais muse à la peau blême, filles fleurs en dessous transparents sur les pages glacées des pubs des magazines qui permettent de glorifier l'insatisfaction après une putain de journée de boulot, des filles de pub télé qui déballent sous contrôle juste de quoi se branler entre deux flashs catastrophiques, filles aux longs cheveux bruns qui me faisaient bander, môme, quand je voyais ces hippies femelles balançant leur crinière et leurs hanches, connasses aussi tordues que leurs mères, leurs jupes long rideau de théâtre où  je débutais dans le registre des fantasmes convenus et fabriqués par la propagande du moment.


Président escroc, sénateurs séniles, chefs de gangs libéraux, mains idéalistes et crocheteuses, donneurs de morales surpayés, experts caressant tous les sens du poil, tous fourgueurs de cames télévisuelles où l'information n'est qu'une anecdote frelatée de la sur-réalité. L'important étant de passer le temps, tout le monde ingurgite la came de la peur en se prélassant dans de confortables canapés. Adrénaline télévisuelle, le moi projeté dans les purificateurs cataclysmes.


Les pierres suaient le gel par les fêlures, appuyé contre cette fontaine des souhaits je traficotais mon existence comme un chien rouge sous les clignements d'œil des étoiles qui se foutaient de ma gueule.


Vendre de l'impuissance, je vendais contre un verre des poèmes écrits sur des cartons à bière, sur du papier sandwich et ils me rigolaient au nez leurs dents cariés, leurs sourires imbéciles me trouaient le thorax, je plongeais dans mon océan houleux et beau, seuls quelques coups de poing me ramenaient au graphique plat des conneries.
 

          Je me fous du monde éperdument, éperdument.


Deux Bouddhas flics me poussèrent du bout de leur tantra loyaliste, j'étais sur la bonne voie, plus loin, inconscients, des gens attendaient leur tour à l'arrêt d'autobus.

2007

 

12/05/2014

l’oreille & la plume : Bernard Lavilliers

 

C´est une ville que je connais
Une chanson que je chantais.
Y a du sang sur le trottoir
C´est sa voix, poussière brûlée
C´est ses ongles sur le blindé.
Ils l´ont battu à mort, il a froid, il a peur.
De n´importe quel pays, de n´importe quelle couleur.
Po Na Ba Mboka Nionso Pe Na Pikolo Nionso
Il vivait avec des mots
Qu´on passait sous le manteau
Qui brillaient comme des couteaux.
Il jouait d´la dérision
Comme d´une arme de précision.
Il est sur le ciment, mais ses chansons maudites
On les connaît par cœur,
La musique a parfois des accords majeurs
Qui font rire les enfants mais pas les dictateurs.
De n´importe quel pays, de n´importe quelle couleur.
La musique est un cri qui vient de l´intérieur.
Ça dépend des latitudes
Ça dépend d´ton attitude
C´est cent ans de solitude.
Y a du sang sur mon piano
Y a des bottes sur mon tempo.
Au-dessous du volcan, je l´entends, je l´entends
J´entends battre son cœur.
La musique parfois a des accords mineurs
Qui font grincer les dents du grand libérateur.
De n´importe quel pays, de n´importe quelle couleur.
La musique est un cri qui vient de l´intérieur.

C´est une ville que je connais
Une chanson que je chantais
Une chanson qui nous ressemble.

C´est la voix de Mendela
Le tempo docteur Fela
Ecoute chanter la foule
Avec les mots qui roulent et font battre son cœur.
De n´importe quel pays, de n´importe quelle couleur.
La musique est un cri qui vient de l´intérieur
Po Na Ba Mboka Nionso... Pe Na Pikolo Nionso

 

 

 

01/04/2014

l’oreille & la plume : Rimbaud, sensation

une lecture par herman kruger proposée par bruno toméra

 

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