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24/11/2012

le ciseau & la plume

 

à fleur de peau

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nina bouraoui                                                                                   photo jlmi 2012


Je suis la peau buvard

 

sculpture poétique de jlmi sur Mes mauvaises pensées
de Nina Bouraoui 

 

 

Il faut de l’imagination pour vivre. Je reconnais mille visages en un, ce sont des couches que j’arrache une par une pour me venger de moi. Cette vengeance consiste à détruire mon affection, à détruire ma faculté à aimer, à exister.

Une image floue de moi à côté de moi.

 

J’ai parfois le sentiment étrange de perdre la tête, d’avoir une fissure au cerveau

C’est la peur qui dévore le cerveau, c’est la peur qui dévore le corps, c’est la peur qui brise les liens.

Je n’ai pas peur du noir, je n’ai pas peur de la mort, je n’ai pas peur du vide, ce vide qui se creuse à l’intérieur de soi.

J’ai peur des autres. J’ai peur de ma violence qui reste sous ma peau. Seule la beauté brouille cette peur, la beauté se pose sur la peur comme un voile.

Je n’ai aucun désir du monde.

Il y a un vertige de la solitude, il y a un vertige du corps.

Mon cœur est plus fort que la terre, mon corps est plus fort que le ciel, mon cœur porte mon corps.

Je ne me retiens jamais.

 

Il n’y a aucune limite dans mon temps, c’est une forme de liberté. Je suis là en tant que moi-même, je ne suis d’aucune guerre, je ne suis d’aucune rançon.

Je sais nier la douleur, je sais nier le chagrin, je sais nier… la peau buvard qui fera écrire… qui fera rougir aussi.

Je suis la peau buvard de ce monde.

Les larmes ne lavent d’aucun chagrin. Les larmes entrent dans ma peau buvard.

C’est par mon silence que rien ne change.

 

Est-ce que l’écriture est une arme ?

Des antennes collées au papier, il y a de cela dans l’écriture qui serait alors fixer la vie. Ecrire ce que je vois est ma façon d’habiter l’existence, c’est ma façon de fermer ma peau. Les livres sont aussi des secrets révélés dans la nuit des mots.

Il y a un sentiment de pouvoir dans l’écriture qui avance, c’est une façon de marquer le temps. L’écriture est l’écriture du mouvement de la vie.

 

Est-ce que la mort n’est pas comme une invasion ?

On descend le cercueil dans le trou, c’est lent, c’est sourd, c’est le bruit de la mort, puis le bruit de la terre par poignées.

La vie lentement se pose sur l’idée de mort.

La mort devient un petit point noir parmi les milliers de points de feu qui constituent le soleil.

 

 

 

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