Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

11/01/2013

l'oeil, l'oreille & la plume : sur les ailes du désir

monologue final des Ailes du Désir de Wim Wenders

conseil : lisez le texte en blanc ci-dessous en écoutant la voix de Solveig Dommartin sans regarder l'image !

 


Un jour ça doit être sérieux.

J’ai beaucoup été seule, mais je n’ai jamais vécu seule. Quand j’étais avec quelqu’un, j’étais souvent contente, mais en même temps je prenais tout pour un hasard.

Ces gens étaient mes parents, mais d’autres auraient pu l’être. Pourquoi celui avec les yeux bruns était-il mon frère, et pas celui aux yeux verts du quai d’en face ?

La fille du chauffeur de taxi était mon amie, mais j’aurais pu aussi bien passer le bras au cou d’un cheval.

J’étais avec un homme, amoureuse et j’aurais aussi bien pu le planter là et partir avec l’inconnu que nous croisions dans la rue.

Regarde-moi ou ne me regarde pas.

Donne-moi la main ou ne me la donne pas.

Non, ne me donne pas la main et regarde loin de moi.

Je crois que c’est la nouvelle lune ce soir, pas de nuit plus calme. Il n’y aura pas de sang versé dans toute la ville.

Je n’ai jamais joué avec quelqu’un et pourtant je n’ai jamais ouvert les yeux et pensé : maintenant c’est sérieux.

Enfin, ça devient sérieux.

C’est ainsi que j’ai grandi. Moi seule étais-je si peu sérieuse ? Le temps est-il si peu sérieux ?

Je n’ai jamais été solitaire, ni seule ni avec d’autres. Mais j’aurais aimé être enfin solitaire. La solitude ça veut dire : je suis enfin entière.

Je peux le dire maintenant, car ce soir je suis enfin solitaire. Il faut en finir avec le hasard.

Nouvelle lune de la décision.

Je ne sais pas s’il y a un destin, mais il y a la décision !

Décide-toi.

C’est nous qui sommes le temps à présent. La ville entière, non, le monde entier prend part à notre décision.

Nous deux sommes plus que deux désormais. Nous incarnons quelque chose. Nous voilà sur la place du Peuple et toute la place est pleine de gens qui rêvent de la même chose que nous. Nous déterminons le jeu pour tous !

Je suis prête.

C’est à ton tour maintenant. Tu as le jeu en main. Maintenant ou jamais.

Tu as besoin de moi.

Tu auras besoin de moi.

Il n’y a pas d’histoire plus grande que la nôtre., celle de l’homme et de la femme.

Ce sera une histoire de Géants, invisibles, transmissibles, une histoire de nouveaux ancêtres.

Vois mes yeux, ils sont l’image de la nécessité, de l’avenir de tous sur la place. La nuit dernière j’ai rêvé d’un inconnu, de mon homme.

Avec lui seul je pouvais être solitaire et m’ouvrir à lui, m’ouvrir toute, toute pour lui ; le laisser entrer en moi tout entier, l’entourer du labyrinthe de la joie commune.

Je le sais, c’est toi.

 

 

 

Commentaires

complète adhérence , adhésion osmose avec cet écrit. je vois mon reflet partout. étrange sentiment d'être face à mon miroir

Écrit par : annaj | 11/01/2013

muet et frissonnant, on se prend à taper amicalement l'épaule du monde après avoir vu Les ailes du désir et puis Merci vieux camarade pour cette prolongation de la beauté bonté,je vais pouvoir dormir sans méfiance cette nuit.

Écrit par : tom | 11/01/2013

Les commentaires sont fermés.