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30/12/2012

l'oeil & la plume : prends un siège et causons

2009prends un siège et causons.jpg
Paris, quartier du marais                                                                                                  photo jlmi 2009
 

Trois visions issues des commentaires faits suite à la mise en ligne de cette seule image le 17 novembre

 

annajouy

le petit Jesus en chaise roulante. laissez-le venir à moi, sur ses roulements à bille, son présentoir bien matelassé de vos idées et votre morale. ça fait longtemps que vous l'avez amputé de ses pas et que vous nous le servez, comme ça, comme on pousserait un cul-de -jatte, en nous en voulant à tous, d'essayer de marcher


cathy garcia

belle chemise de communiant, un diplôme de comptabilité, un avenir assuré à la capitale, il en avait rêvé du fauteuil à roulette, bleu et soyeux comme le ciel dont parlait monsieur le curé, le ciel à gagner en passant sous la soutane, la communion privée après le catéchisme, dans la sacristie sapristi, il en avait rêvé du fauteuil à roulettes dans un bureau plein de plantes vertes où on lui donnerait du "monsieur le comptable", mais faut croire que le mensonge du ciel est dur à avaler pour un petit gars sous la soutane, et à Paris, la comptabilité, ça a continué comme ça, des billets certes, gagnés vite fait dans les pissotières... on l'appelait le comptable mais on lui donnait pas du monsieur, on le prenait c'est tout, vite fait, souvent mal fait, jusqu'au jour où on l'a trouvé pendu dans une église du quartier...


murièle modély

petit poète, où as-tu disparu ?
pourquoi as-tu quitté la scène de la rue ?

qui a rompu les fils
achevés chaque soir, défaits chaque matin
sur le bord du trottoir ?

Je sais, petit poète
ton âme est faible
ton corps étique
les murs de béton
et tes doigts de coton

les tranchées sont profondes
toujours profondes et sombres.

qui les a donc creusées ?
qui s'est assis ici ?
et qui t'a regardé
jeté ?

le rebut et la terre
entière dans la fosse
tranchée

tranchés aussi les mots, petit poète
les vers grouillant dans les poils blancs
menton tremblant

petit poète, es-tu
cet homme pendu
à la fenêtre ?


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