Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

28/05/2014

le ciseau & la plume : un ruisseau de solitude

 

Sculpture poétique de jlmi sur Thérèse & Isabelle     

de Violette Leduc     

leduct&i.jpg
                                                                   image du film Thérèse & Isabelle/Violette Leduc    photo jlmi 2012

 

 

Faites que la nuit n’engendre pas la nuit.

J’ai une pieuvre dans le ventre.

L’amour est une invention épuisante.

Elle flatte la nuit dans mes cheveux.

La caresse est au frisson ce que le crépuscule est à l’éclair.

Je vois sous mes paupières.

J’écoute la lumière dans la caresse.

J’entends un déluge de pierres.

Mon corps prends la lumière du doigt comme le sable prend l’eau

Puis, des mots soutirés au silence et rendus aux ténèbres de sa patrie de dormeuse.

L’araignée me happe le sexe.

Je me veux pierre, une pierre dont les yeux sont des trous

Je vous regarde , je vous regarde lui crient mes yeux.

Je suis fondue de chaleur comme un fruit, j’ai le même &écoulement de liqueur.

Mes chairs en lambeaux tombent sur des dentelles et finalement j’entends la rumeur des tragédies antiques.

Je l’attends avec une pleureuse dans le ventre.

A l’étroit entre les murs de ma joie, où pourrais-je user le temps ?

Il tombe du crépuscule dans la traversée de l’essaim de sonorités, le temps guindé à l’horloge me caresse.

J’entre dans un nuage, c’est une orgie de dangers.

Elle piaffe dans le lit pendant que par timidité je pose nue dans les ténèbres.

Je me lance dans un éboulis de tendresse, j’apprends l’infini dans mes formes, la pieuvre dans mes entrailles frémit.

J’ai de la drogue dans les talons, ma chair visionnaire rêve.

Je me sens toute neuve. Mon sexe, ma clairière.

Je me veux une machine qui ne soit pas machinale.

Je vois avec les yeux de l’esprit la lumière dans sa chair.

Deux rosaces s’épousent…

Nous créons la fête de l’oubli du temps, nous roulons enlacées sur une pente.

Nous cessons de respirer pour l’arrêt de vie et l’arrêt de mort.

Vivantes, allongées, flottantes, séparées, recueillies… qu’il est frais le ruisseau de solitude.

Nous sommes ruisselantes de lumière.

L’aube sera notre crépuscule d’une minute à l’autre.

 

OOoOo

 

 

Les commentaires sont fermés.