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31/01/2014

l'oeil & la plume : entre Dijon & Nancy

dijon&nancy01B&W.jpg
texte de bruno toméra                                                                                                                   collage  jlmi 2014
 

Les néons blancs crépitent sur son visage,

de ses cheveux collés contre des rides

s'écoulent des sueurs

qui tachent le col de la blouse bleue,

elle frotte, insistante et courbée,

les ecchymoses du carrelage

d'un balai brosse démesuré,

en forçant sur ses mollets violets de veines éclatées.

J'évite hagard son chariot de munitions

à sulfater les bactéries

et gerbe dans l'évier un restant d'ineptie.

Ses yeux fatigués s'accrochent

comme des crocs dans ma nuque

puis indifférente s'en retourne à son chantier,

elle, qui efface dans l'aire de la nuit,

les empreintes des allées et venues.

Il me faut de ce café fort et dégueulasse

pour traquer la piste de l'humanité perdue.

 

 

 

30/01/2014

l’oreille d’un sourd : Léonard Cohen

 

 

29/01/2014

l'oeil & la plume : le trou

mulm le trou feu.jpg
texte de murièle modély                                                                                                               collage  jlmi  2014
 

cette histoire de trou commence à bien faire
tu dis
tout en bas du puits ça tombe, tu dis
ça ne fait que ça

ça chute et tu restes tendu tendue
avec ou sans e tu penses
cela ne change rien
les pensées tombent
tu n'atteins pas le fond

ça grandit grignoté e que tu es
par la colère, la peine, deux faces identiques
de la pièce dont tu attends longtemps
le ricochet au sol
le trou n'a pas de fond

/

voilà comment se répète
tu dis
la mécanique des chairs
cette puissante affaire
de mots
à dents
qui mordent, grignotent, tricotent
des boules, des nœuds
dans le pylore, l'œsophage
des phrases
la petite chimie des corps
sous les solvants

/

au delà de la vitre, bien sûr, tout continue
l'espace se remplit
le boulanger cuit son pain
une voiture démarre
un homme pénètre une femme
un oiseau crie

il y a la masse noire qui diffracte la vie
les camaïeux, l'orange, qui dévorent la nuit
au delà de la vitre, le jour commence
les bords irréguliers de la chair dentelée